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Retour sur mon stage

Une fois la formation théorique et pratique terminée, il ne restait qu’une seule étape pour officialiser ma formation et c’était la réalisation d’un stage de 90 heures dans une compagnie de transport. Que ce soit en mode actif – la stagiaire conduit un camion et participe aux différentes tâches qui composent la journée du camionneur qui l’accompagne – ou en mode observation – un stagiaire pourrait techniquement passer tout son stage à observer son compagnon sans jamais toucher au volant ni effectuer aucune des tâches reliées au métier – le stagiaire doit s’initier au métier de camionneur en effectuant un stage de 90 heures en entreprise.

Lors de notre rencontre préparatoire, on nous avait bien mis en garde du choc culturel que nous allions vivre entre la “réalité” du centre de formation et cette de l’industrie. La ouate et l’accompagnement particulier, ça n’existe pas dans ce métier. Il y a de la marchandise à livrer et il faut que ça ce fasse dans les plus brefs délais alors pas de niaisage, il faut que ça roule ces trucks là !!!

J’ai eu la chance d’effectuer mon stage dans une entreprise de mon coin. Le Groupe Bellemare  a accepté de me prendre en stage avec une possibilité si les conditions gagnantes étaient réunies que je me joigne ensuite à eux à titre d’employé.

Chez Bellemare, le pain et le beurre de la division transport est le transport de cargaison de toute sorte sur remorques à plateau (flatbed) et que de la machinerie lourde sur fardier. Le groupe Bellemare possède également une très grande expérience dans le transport de pièces d’éoliennes de grandes dimensions ainsi que dans le transport de toute marchandise hors-norme.

Au delà de la conduite du camion semi-remorque proprement dit, l’arrimage est la pierre angulaire du travail des camionneurs oeuvrant pour cette entreprise. En effet, il ne sert à rien d’être un as de la conduite de camion si la cargaison n’est pas sécuritairement arrimée à la remorque. Les normes d’arrimages sont nombreuses et il est parfois complexe d’arrimer adéquatement la cargaison que l’on transporte. C’est pour cette raison que mon stage s’est principalement déroulé au niveau local et régional car le superviseur de mon stage voulait s’assurer que je comprenais bien les différentes problématiques reliées à l’arrimage afin qu’éventuellement, je puisse gérer moi-même le chargement et l’arrimage de ma remorque.

J’ai donc effectué plusieurs courts voyages entre différentes usines de Trois-Rivières tout en transportant des pièces usinées de formes et de poids divers. Je devais donc décider à quel endroit sur ma remorque je faisais déposer la dite pièce et ensuite m’assurer que celle-ci était bien arrimée.

J’ai donc eu la chance d’apprendre beaucoup de notions qui me serviront tout au long de ma carrière. Ça l’air simple comme ça de faire déposer un bloc usiné de 64 000 livres sur une remorque mais il y a tout un calcul qui doit être effectué afin de s’assurer que la charge est répartie convenablement sur les différents essieux de la remorque et du camion. Et il faut ensuite penser aux équipements – courroies et/ou chaines – qui nous permettront d’arrimer sécuritairement et légalement notre marchandise.

Mes premiers essais n’ont pas tous été de grandes réussites mais après quelques voyages, j’avais compris les principes sous-jacents à ces tâches et j’étais en mesure d’effectuer le travail convenablement.

Pendant ma formation, nous avons souvent sillonné les routes de la Beauce et de la région de Thetford Mines. Quelles belles régions ! Étant situées dans les Appalaches, ces routes représentent de beaux défis pour les camionneurs. J’avais hâte d’y retourner dans une vrai situation de camionnage avec un camion possédant “un gros moteur” et une véritable cargaison, pas seulement des blocs de bétons. Il faut dire que strictement parlant, le type de cargaison a peu d’importance mais coté psychologique, c’est une toute autre affaire de voir une vrai cargaison dans ses rétroviseurs. J’sais pas pourquoi mais c’est pas pareil ! LOL

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Foreuse

Même si elle ne pesait que 40 000 livres, c’était tout un feeling de monter et descendre les côtes sur le chemin du retour avec cette cargaison sur mon fardier. J’ai été super gâté car mon camion était équipé d’un puissant moteur ce qui m’a permis de monter les pentes sans trop me casser la tête et surtout les descendre sécuritairement grâce au frein moteur qui retenait très bien l’ensemble de mon véhicule.

Comme dernière journée de stage, ça été bien agréable.

Malheureusement, mon aventure avec le groupe Bellemare s’est terminée avec la fin de mon stage. La reprise des activités de transport escomptée ce printemps tarde à se faire attendre suite à un long hiver qui n’en finissait plus de finir. Le besoins actuels de main d’oeuvre sont présentement comblés à l’interne et il n’y avait pas de travail pour moi.

Je suis un peu déçu de la situation mais en même temps, il est encore temps de se retrousser les manches et effectuer d’autres démarches auprès d’autres compagnies de transport qui m’intéressent. Quand on veut travailler, on finit toujours par trouver quelque chose. Qui sait, ce sera peut-être le sujet de mon prochain billet ?


 

J’allais oublier: le choc culturel entre la vraie vie et celle que nous avons vécu au CFTC. Le choc est terrible. Plus pour certains que pour d’autres mais ça fesse en titi pareil !!! Oufff… Mais une fois le choc initial passé et qu’on comprend pourquoi ça fonctionne de cette façon, c’est un peu moins pire. Mais ça sonne pareil !

Pour quelqu’un qui, comme moi, sortait du confort de la fonction publique, c’est tout un choc. C’est comme si les notions de services à la clientèle, de travail d’équipe et de collaboration prenait le bord d’un seul coup et qu’on remplaçait la définition dans le dictionnaire par des hiéroglyphes. Ça veut peut-être dire la même chose mais j’arrive pas à le savoir car je suis incapable de lire ce qui est écrit. Pis ceux qui pourraient m’expliquer, ben ils parlent martien ou une autre langue que je ne comprends pas.

Heureusement que l’humain a une très grande capacité d’adaptation. Ça aide beaucoup.

Formation terminée ! En route pour le stage !!!

Ma dernière journée de ma formation au CFTC s’est déroulée hier. Après quelques heures d’ateliers, nous sommes tous allé diner dans un resto. Par la suite, nos invités sont venu nous rejoindre à l’école afin que nous leur présentions collègues et enseignants, qu’ils visitent nos locaux, qu’ils puissent même s’amuser sur les simulateurs de conduite et, oh comble de joie, que nous leur fassions la démonstration que toute ces heures passées loin d’eux ont vraiment servies à quelques choses.

En effet, des camions étaient à notre disposition afin que nous puissions faire une p’tite balade en leur compagnie. Étant donné le grand nombre d’invités, les balades ont été limités à un p’tit tour dans le parc industriel adjacent à l’école ainsi que sur le circuit routier situé derrière l’école. La petite randonnée n’a pas été propice à la conduite autoroutière mais elle nous a toute de même permis de démontrer notre savoir faire à ceux et celles qui nous accompagnaient.

Maintenant, il est temps de me concentrer sur la prochaine étape: le stage. Ça débute demain pour moi. Certains on déjà débuté leur stage depuis quelques jours. D’autres ont quitté ce matin. Pour moi et plusieurs de mes collègues, c’est demain que ça commence. C’est un rite obligé oui mais aussi tellement nécessaire. C’est maintenant que l’on quitte le confort relatif de l’école pour se retrouver dans la vraie vie. On va tous vivre un choc culturel. Pour certains, ce sera un peu plus difficile que d’autres mais nous allons tous réaliser que nous commençons à peine à apprendre comment ça ce passe dans ce métier. C’est ça la beauté d’un métier comme celui-ci. On apprend quelque chose de nouveau à tous les jours.

À mes collègues du projet 13523, je souhaite donc un stage rempli de beaux défis. Même si parfois votre journée ne va pas à votre goût, n’oubliez pas de sourire car vous n’avez pas consacré les 8 derniers mois de votre vie pour travailler dans un métier qui vous fait babouner. Des chialeux, il y en a déjà trop dans ce métier-là. Faudrait pas qu’on contribue à en ajouter encore plus.

Pour terminer, je vous laisse sur ces paroles remplies de sagesse de notre bon vieux PA.

Fioulle !!!

Semaine 29 – The end is near !

Dans mon billet du 24 mars, je vous ai dit que j’allais être plus à mon affaire et que je reviendrais vous parler plus rapidement. Dans les faits, c’est presque ce qui est arrivé. Dès la semaine suivante, j’ai publié un billet à saveur politique mais ensuite ça c’est gâté. Je ne sais pas si ça vous est arrivé souvent vous de quitter une carrière pour en débuter une autre totalement différente alors que vous êtes toujours aux études mais moi c’était ma première fois et j’ose espérer ma dernière. Pas que je veut me plaindre. Loin de là. C’est moi qui a choisi ce changement de carrière et j’en assume toutes les conséquences cependant, je dois avouer que les choses ont été passablement vite au cours du dernier mois et j’ai dû faire des choix. C’était moi ou vous. Vous devinez assez bien qui a passé en premier. ;-)

Il y a donc eu cette fin de carrière pour le gouvernement fédéral. À commencer avec la fin d’un projet spécial sur lequel je travaillais depuis septembre dernier suivi d’une possible extension qui a été modifiée à la dernière minute à deux occasions en moins d’une semaine ce qui m,a laissé une grosse journée pour aviser ma gestionnaire que mon aventure se terminait là. Comme dans là, là !!! J’avais donné ma parole que je ne retournerais pas sur mon poste d’attache – lequel poste je m’en étais absenté depuis plus de 15 mois – car je n’étais plus “fonctionnel” sur celui-ci et il était hors de question que je retourne me tourner les pouces en attendant de finir ma carrier quelques jours plus tard alors il devenait impératif que je complète la paperasse confirmant mon départ de la fonction publique fédérale dans le plus brefs délais. C’est donc en catastrophe que j’ai avisé ma patronne et son adjointe de mon départ et que j’ai complété la documentation requise. Ensuite, j’ai “liquidé” ce qui se trouvait sur mon bureau, avisé la TI du retour de mon portable et de tous les autres accessoires qui l’accompagnait et remis ma carte d’accès lorsque j,ai traversé les portes du bureau pour une dernière fois. Disons qu’on était loin de la scène romantique où l’employé quitte sous les regards humides de dizaines de confrères et consoeurs qui lui disent au revoir. Faut pas se faire de cachette. Il n’y a pas beaucoup d’employés le vendredi après-midi alors c’est de façon pratiquement incognito que j’ai quitté ce qui a été mon deuxième chez-nous pendant 25 années. Mais c’est aussi bien ainsi. J’ai quitté sans verser une seule larme. Comme un grand garçon !

Maintenant, je peux me consacrer à temps plein à terminer ma formation de camionneur. C’est fou ce qu’on peut en faire des choses quand on gagne 37.5 heures de liberté par semaine. Pis comme ce sera les seules vacances dont je pourrai profiter avant un bon moment, j’essaie de relaxer un peu tout en m’occupant de ma todo list.

Mes cours tirent à leur fin. Il me reste officiellement moins d’une semaine d’école. Ensuite, ce sera mon stage de 90 heures qui débutera dès le 5 mai. Ensuite, et bien en théorie, je devrais débuter ma carrière avec la compagnie qui m’accueillera pour mon stage mais comme rien n,est jamais officiel tant que tous les papiers sont signés, je préfère attendre encore un peu avant de vous en dire plus. Avec toutes les surprises que j’ai vécues depuis 2-3 semaines, je préfère demeurer prudent. Si ma nouvelle carrière débute de la même manière que celle qui vient de se terminer, la prudence est réellement de mise. On s’en reparlera plus tard.

On moment d’écrire ces lignes, j’éprouves d’importantes difficultés à effectuer mes mises à jour sur mon blog. J’ai modifié quelques paramètres en mars dernier et il semble qu’une des mises à jour que j’ai effectuée me cause des problèmes. Je vais donc travailler là-dessus au cours des prochains jours alors il est possible que la prochaine fois que vous viendrai ici, que vous remarquiez qu’il y a eu plusieurs changements. Que voulez-vous. Nouvelle vie = possibilité d’un nouveau blog revampé.

Souriez, la vie est belle !

Semaine 24 – Votre appel est important pour nous…

Ishhhh… J’en ai manqué un p’tit bout moi ! j’avais l’impression d’avoir manqué juste une p’tite semaine, tout de ben deux au max… Ben non, ça fait 7 semaines que je ne suis pas venu vous jaser. Ayoye !!!

À ma décharge, faut dire que je n’ai pas chômé ben ben. Tout d’abord, j’ai eu de la visite au bureau. Mon patron et quelques collègues d’Ottawa sont venu à Shawinigan pour mener des tests dans différentes équipes. Ce n’est pas tant la complexité du travail lors de ces visites qui est exigeant mais plutôt tout le côté logistique et planification des nombreuses rencontres. Quand mon patron se déplace avec son équipe, c’est n’est pas pour passer la semaine « sur le compte de dépenses » mais plutôt pour travailler et surtout, pour venir chercher l’expérience et les connaissances des employés des bureaux locaux. Faut que ça roule ! À cette visite de plusieurs jours, j’ai dû combiner mes cours à Québec ce qui a eu pour effet de déplacer mes cours qui sont normalement le lundi et mardi soir pour le mercredi et jeudi soir. Ça faisait drôle d’être à l’école ces soirs-là mais au moins j’ai rien manqué.

Durant mon absence de ce blog, j’ai également passé mon examen de compétence 8. Ça n’a pas été facile mais j’y suis parvenu. On dirait qu’il n’y a pas juste moi qui commence à avoir hâte que ça finisse. Mon auto a décidé qu’elle avait besoin d’un break alors j’ai eu le droit à une superbe crevaison lundi passé à 5h15 du matin, au kilomètre 212 de l’autoroute 40 Est… Avec des pneus à profils bas, c’est pas long que tu te ramasse sur le rim alors dès que j’ai senti le derrière de l’auto valsé, j’ai su immédiatement que j’avais une crevaison. Heureusement qu’à cette heure, il y a très peu de véhicules sur la route alors j’ai pu rapidement et sécuritairement m’arrêter dans l’accotement et contacter l’assistance routière. Une fois la remorqueuse arrivée, on a apporté mon auto chez le concessionnaire pour la faire réparer. J’sais pas si vous avez déjà pensé à ça mais à ce temps-ci de l’année, c’est pas le meilleur moment pour magasiner des pneus d’hiver…

Je sais, je sais… J’aurais pu légalement poser mes pneus d’été et reporter le remplacement de mes deux pneus arrière à plus tard mais avec l’hiver de merde qu’on a et les précipitations qui continuent de s’accumuler, je ne voulais pas prendre la chance de me péter la gueule. Surtout que j’accumule les kilomètres à la vitesse grand V par les temps qui courent. Il a donc fallu la semaine pour recevoir deux pneus neufs et c’est donc vendredi après-midi que j’ai retrouvé ma Kia. Merci à Carole et Charles de m’avoir laissé la Civic pour la semaine. Mis à part le fait que soit assis pratiquement à terre dans la Civic, j’aime encore beaucoup me promener dans celle-ci. Mais je dois avouer que j’ai grandement apprécié retrouver ma Kia. Veut, veut pas, un moteur plus puissant, 11 ans de technologie et 160 000 km de moins au compteur, ça fait une différence.

Alors nous voici maintenant à la fin du moins de mars, écœuré ben raide de cet hiver qui n’en finit plus de finir et d’un niveau de fatigue qui augmente toujours un peu à chaque semaine. Honnêtement, je commence à avoir hâte que ça finisse. L’hiver surtout afin qu’on puisse finalement profiter des chauds rayons du soleil et de voir autres choses que des mozus de bancs de neige. J’ai hâte de humer l’odeur des premières fleurs de mon jardin, de regarder pousser mes semis dans mes Smart Pots et de passer la tondeuse dans mon gazon tout vert. J’ai également hâte que mon cours se termine. Pas que je le trouve plate, bien au contraire car j’apprends encore de nouvelles choses à tous les cours. Mais cette longue routine de plus de 6 mois commence à me peser sur les épaules. Je suis à Québec 3 jours par semaine, je me détache tranquillement du bureau mais je n’ai pas encore commencé à m’enraciner chez mon nouvel employeur. J’ai hâte de tourner la page et de pouvoir me concentrer à 100 % à ma nouvelle vie. Je me sens si près et en même temps, on dirait que je ne parviens pas à réaliser à quel moment je vais enfin pouvoir tourner la page…

Anyway, « les femmes sont jalouses du blues » comme disait jadis Gerry Boulet faque c’est ça qui est ça !!! LOL

Non mais sans blagues, les prochaines semaines s’annoncent pas mal chargées. Mon patron au bureau m’a demandé de l’accompagner avec des collègues à Jonquière. Il s’agira d’une visite similaire à celle de Shawinigan il y a quelques semaines alors ça devrait bien se dérouler. En plus de quelques technicalités entourant mon départ définitif du bureau, ça devrait occuper mes 2-3 prochaines semaines. Ensuite, je pourrai me concentrer pleinement sur la fin de mon cours et mon stage avant d’entrer de plein pied dans ce nouveau monde qu’est le transport par camion.

Je vais revenir vous voir, ça c’est certain. Quand ? Ça c’est plus difficile à dire. Idéalement, dans 2 semaines, 3 au max mais je ne peux rien vous promettre. Si vous êtes curieux de voir qu’est-ce qui m’arrive, je vous invite à venir me suivre sur Instagram où l’on peut me retrouver sous l’identifiant @ve2jpt. Je publie généralement des photos plusieurs fois par semaine mais pas nécessairement de façon systématique à tous les jours ni à intervalles réguliers. Disons que je publie souvent « par mottons. » Je suis également actif sur Twitter sous le même pseudonyme @ve2jpt. Par contre, oubliez facebook car 1- vous aurez de la difficulté à me trouver et 2- je réserve cet endroit à ma famille et certains de mes amis proches.

Semaine 17 – Les semaines se suivent et se ressemblent

Vous sous souviendrez que dans mon dernier billet, je vous ai mentionné que j’avais échoué mon examen de compétence 5 à cause d’une règle de verdict. Une bête erreur de ma part qui m’avait mis en échec. Mon  prof m’avait alors mentionné que j’aurais la chance de reprendre rapidement mon examen ce qui a été fait le samedi 2 février. Au moment de ma reprise, on nous a également annoncé que des étudiants étaient prêts pour passer leur test de la SAAQ. En fait, il y en a 4 qui ont passé leur test ce samedi-là.

De mon côté, je me suis efforcé de reprendre mon examen de compétence 5 et surtout de le réussir. Ce que j’ai fait d’ailleurs. Cette fois-ci, la nervosité était pas mal moins grande. Par parce que je me sentais au-dessus de mes affaires mais plutôt parce que j’ai réalisé qu’il s’agit d’un test de compétences de base et que ma vie ou celle de quiconque d’autre n’est en jeu. Je suis pourtant un grand garçon et je savais tout ça mais on dirait qu’il fallait que je me pète la gueule pour le réaliser.

Mon examen n’a pas été parfait. Loin de là mais veut veut pas, quand tu ne maitrises pas suffisamment toutes les facettes des techniques apprises, elles reviennent rapidement te mettre dans le trouble. J’ai donc pris des notes sur ce que je dois améliorer afin de pouvoir travailler là-dessus au cours des prochaines semaines.

Lundi passé, nous avons eu la chance d’essayer un nouveau camion. Un gros Peterbilt 389. On a pratiqué beaucoup avec de “petits” camions depuis décembre dernier et c’était une des premières fois qu’on avait l’opportunité de pratiquer avec un aussi gros camion. Quelle prestance ! Quelle puissance aussi ! On a eu beaucoup de plaisir à conduire ce gros véhicule.

Mardi, dès le début du cours, mon prof m’a approché pour m’annoncer que j’avais été choisi pour passer ma classe 1 dès le weekend (8 février). Euhhh… J’ai trouvé ça flatteur qu’il pense à moi comme ça mais c’est que j’avais pas vraiment eu le temps de pratiquer les points faibles soulevés lors de mon examen de compétence 5 moi-là ! O_o Il m’a alors présenté le camion que je devais utiliser pour mon test de la SAAQ. Un vieux Sterling pas très très glamour mais qui est considéré comme un camion facile à chauffer. Côté look et puissance, on est loin du gros Pete de la veille mais bon, c’est n’est pas une compétition de show’n shine non plus alors go avec le Sterling.

Disons que pour un camion facile, je l’ai trouvé capricieux pas mal mais à   la fin de ma demi-heure de route, je commençais à m’y faire. Mais j’étais quand même un peu inquiet car je ne me sentais pas très à l’aise au volant de celui-ci. Après notre tour de conduite, ma coéquipière et moi sommes retourné à l’école pour pratiquer notre marche arrière. Ça faisait un bail que je n’avais pas pratiqué la marche arrière au 45 degré. Les deux premières approches se sont avérées totalement inadéquates. D’la grosse marde en fait !!!

Je me suis ressaisi par la suite et j’ai réussi à en faire une sur le sens du monde. Par contre, ma coéquipière a éprouvé de la difficulté à chacune de ses tentatives. Comme il était maintenant l’heure d’aller dételer notre remorque, elle m’a offert de reculer la remorque dans son trou afin que je me pratique une dernière fois avant mon examen. J’ai reculé ma remorque dans son trou “one shot” pis ça m’a vraiment mis en confiance pour mon examen de la SAAQ. Merci Karo de cette belle générosité !!!

Hier, je me suis présenté au CFTC avec peu de stress. Surprenant quand on considère comment j’étais stressé lors de ma compétence 5 mais en même temps, pas si surprenant que ça. C’est fou comment on peut s’en mettre inutilement sur les épaules des fois. Je suis allé là pour prendre une photo de mes compétences en fonction du cadre de référence de la SAAQ. Je vais sourire et regarder droit devant mais si j’ai les deux yeux dans le même trou et que je grimace quand le flash de la caméra partira, ben on recommencera plus tard. C’est tout !

Ma VAD s’est bien déroulée. Pas parfaite mais elle s’améliore de jour en jour. Et il y a de petites technicalités propres à la SAAQ qui m’ont joué quelques tours mais sinon, ça c’est bien passé. Nous avons ensuite pris la route pour circuler sur un parcours prédéfini. Comme le disent si bien les anglais, it wasn’t pretty but I made it ! En fait, ça n’a pas été si mal que ça mais mes lacunes identifiées lors de ma compétence 5 sont revenues gâcher la sauce. Heureusement,  le circuit a pris fin avant que je manque de points. O_o Et mon test de marche arrière s’est très bien déroulé me permettant ainsi de finir ma journée sur une note positive.

Maintenant que j’ai obtenu ma classe 1, il est temps de redoubler d’ardeur pour travailler sur mes lacunes et m’assurer qu’elles ne viendront plus me causer de difficultés dans le futur. Je vais donc en discuter dès mon prochain cours avec mon instructeur. Il faut que j’élimine ces mauvaises habitudes le plus rapidement possible car être “juste bon” ce n’est pas suffisant. je dois être meilleur. Pas nécessairement le meilleur. Mais une grosse coche au-dessus de ce que je suis présentement.

On s’en reparle bientôt !

Semaine 15 – Fini les vacances. En route pour le dernier droit !

Ouais ben j’ai tellement relaxé pendant les vacances des Fêtes que j’ai complètement oublié de revenir vous jaser. En fait, pour être honnête, ce n’est pas seulement ce blog qui en a souffert. On dirait que tout est plus difficile après ce long congé de deux semaines.

Avant de partir en vacances, tout fonctionnait sur le pilote automatique. Les heures, les journées et même les semaines, tout était chronométré à la seconde près et la routine s’étant bien installée, tout se passait à merveille. Ce long congé m’as vraiment permis de décrocher de tout ça et de relaxer à plein. Mais voilà que la routine recommence et j’éprouve beaucoup de difficulté à retrouver mes repères. À date, il me manque toujours quelque chose quand je vais à Québec. Ou en revenant… Mais là je sens que la semaine prochaine va être la bonne. Je vais avoir tout ce dont j’ai besoin dans mes sacs et je vais passer une semaine formidable. Vive la visualisation !!!

Lundi dernier, c’était mon évaluation pour la compétence 5 – Manœuvres de base. Il s’agissait de ma première évaluation pratique de mon long processus d’apprentissage. Au menu : vérification avant départ (VAD), attelage d’une remorque, circuit routier, marche arrière et dételage de la remorque. Pour un gars qui n’a jamais l’habitude de s’en faire avec ses tests, j’étais pas beau à voir ! J’ai rarement été nerveux comme ça. Disons que la VAD, c’est pas mon épreuve la plus forte. Il y a des dizaines de choses importantes à se souvenir et le temps requis pour le faire est relativement restreint alors il faut faire vite et bien sans courir et surtout ne rien oublier. J’ai rencontré quelques difficultés dues au froid et cela m’a quelque peu décontenancé ce qui a eu pour effet que m’a VAD n’a pas été aussi solide que je l’aurais souhaité. Et qui dit moins solide, dit plus de temps requis, ce qui amène un peu plus de nervosité. Mais bon, une fois la VAD terminée, je savais que le reste des étapes à franchir allaient mieux se dérouler car je les maitrise bien.

Mon prof m’invite donc à aller chercher ma remorque qui se trouve dans la zone de marche arrière un peu plus loin sur le terrain de l’école. Pas de problèmes me dis-je. Juste à sortir de la zone de stationnement, virer à droite, entrer dans la zone de marche arrière, faire mon approche et le tour va être jouer. Je lève donc la tête pour identifier la remorque que je dois aller atteler, pré visualise mon approche et BAM !!! Je viens d’enfreindre une règle de verdict ! Je suis en échec ! C’est que voyez-vous, en sortant de la zone de stationnement, on accède à un circuit routier sur lequel on retrouve de la signalisation routière à laquelle on doit se conformer comme si on se trouvait sur le réseau routier nord-américain. Quand c’est écrit STOP sur un panneau octogonal rouge, ben il faut s’immobiliser. C’est pourtant ce que j’ai fait à chaque fois que j’ai croisé cette intersection-là. Mais cette fois-ci, je me suis laissé envahir par la nervosité et j’ai misérablement échoué mon test à cause d’un crisse de panneau que je n’ai pas respecté. Bravo mon champion !

Mon prof m’a alors demandé si je voulais mettre fin à ma soirée immédiatement ou si je désirais poursuivre mes manœuvres comme si ça comptait en guise de répétition. De toute façon, les deux heures requises pour administrer ce test m’étaient réservées alors aussi bien en profiter non ? J’avais vraiment plus le goût d’aller me cacher dans mon char et retourner piteusement à la maison mais ça aurait été d’une grande lâcheté de ma part. Dans l’adversité, même aussi insignifiante qu’un panneau d’arrêt obligatoire, on ne rentre pas à la maison la queue entre les deux jambes comme un chien battu. No way. On se relève la tête, on ravale notre orgueil pis on continue de foncer. J’ai donc dit à PA que même si j’étais en crisse envers moi-même pour cette stupide erreur, je serais heureux de passer les reste de mes deux heures en sa compagnie. J’ai donc fait mon approche comme un grand, j’ai attelé ma remorque et on est parti faire le circuit routier. En cours de route, j’ai démontré que je maitrisais bien les techniques pour grader et dégrader les vitesses, que je pouvais retrouver « un trou » si je manquais un embrayage. Je me suis même permis de passer de la 5e à la 3e vitesse en revenant dans la cour de l’école car les conditions ne m’auraient pas permis de dégrader en 4e.

En revenant dans la zone de marche arrière, je suis repassé à l’intersection qui m’a fait échoué mon test. Pas besoin de vous dire que j’ai pris la peine de m’arrêter comme du monde avant de repartir stationner mon camion dans son trou. La zone de marche arrière était passablement occupé à mon retour alors j’ai hérité du trou où l’approche est la plus courte. Une approche courte ne permet pas d’étirer complètement la remorque derrière le camion faisant en sorte que la manœuvre est un peu plus difficile. Mais quand on comprend bien comment la remorque va réagir derrière soi, ça simplifie grandement la manœuvre. J’ai donc effectué ma manœuvre en tenant compte de ces paramètres et mon camion et ma remorque se sont retrouvé exactement là où ils devaient se retrouver c’est-à-dire au centre du trou à moins d’un mètre du débarcadère. Le détalage s’est effectué sans problème et ma soirée s’est donc terminée sur une note positive !

Maintenant, il ne me reste qu’à me concentrer sur les prochains cours et tirer le maximum de chacun d’entre eux. Quand viendra le temps de reprendre mon examen de la compétence 5, je devrai me concentrer sur les manœuvres a effectuer à mesure qu’elles devront être réalisées et non pas tenter de trop anticiper les prochaines manœuvres. De plus, je dois apprendre à contenir ma nervosité. Ayant été pompier pendant de nombreuses années, je n’ai jamais eu de problèmes à garder la tête froide dans des moments de stress intense. Et pourtant, j’ai eu beaucoup de difficultés à canaliser ma nervosité lundi dernier même s’il n’y avait aucune vie en jeu… Il faut cependant dire que j’ai des attentes très élevées envers moi-même. L’échec n’est pas une option et j’ai à cœur de bien performer. Disons que cette fois-ci j’ai pris une bien drôle de façon pour atteindre mon but.

Il ne me reste maintenant qu’à être meilleur la prochaine fois.

Semaine 12 et pause du temps des Fêtes

Déjà 12 semaines de passées. WOW !!! M’semble que j’ai débuté mes cours hier soir pis j’ai déjà plus du tiers de ma formation de passée. Ça va tellement vite. C’est incroyable.

Quand j’étais ti-cul et que j’ai eu 16 ans, je voulais obtenir mon permis de conduire le plus rapidement possible. Mais au même moment, une opportunité d’aller apprendre l’anglais en Ontario s’est présenté à moi et lors de mon 16e anniversaire de naissance, je venais à peine de m’installer dans ma famille d’adoption à Dryden. Comme dans bien d’autres sphère de notre vie quotidienne, les cours de conduite coûtaient presque rien en Ontario alors que ça coûtait un bras au Québec. Ma famille d’adoption voulait même payer mon cours et me laisser pratiquer avec leurs autos – ben c’était des camions en fait: Éconoline avec full de banquettes et une superbe Vanagon orange – mais mon père avait peur que ça chie en revenant au Québec et que nous ayons des problèmes à faire reconnaître mon cours et mon permis de conduire alors il a été entendu que je pourrais suivre mon cours dès mon retour au Québec en décembre.

Ainsi donc, entre Noël et le jour de l’an, je me suis tapé toute la formation théorique et pendant les mois de janvier, février et mars 83, j’ai eu le plaisir de terroriser les citoyens du Centre-Mauricie au volant d’une auto-école. J’ai certainement oublié un tas de choses qu’on m’a enseigné à cette époque lointaine mais ce que j’ai retenu de cette formation me sert encore aujourd’hui. La confiance que j’ai développé en conduisant sous supervision dans des conditions hivernales parfois difficiles – ben du moins pour un ti-cul de 16 ans qui apprend à maitriser une arme de 2000 kg – ça n’a pas de prix. Lorsqu’à 17 ans, j’ai dû faire face à mon premier hiver en solo, j’étais beaucoup moins nerveux car j’avais déjà briser la glace auparavant. Briser la glace… Conduire en hiver… La catches-tu ???

Ben cette année, je revis les mêmes émotions !!! 31 ans plus tard, j’apprends à garder mon camion et son chargement entre les lignes et non pas dans le fossé ni dans la valise des autos en avant de moi. Pis vous savez quoi ? Mère Nature semble vouloir m,aider dans mon apprentissage. Ça fait longtemps en titi qu’on a pas eu autant de neige aussi hâtivement. C’est ben plate pour le pelletage – malgré que je ne suis pas souvent à la maison pour pelleter – mais côté formation, c’est tellement génial ! Des routes glissantes, des bancs de neige qui empiètent en masse sur la chaussée, des côtes enneigées où il est préférable de ne pas manquer une gear sous peine de devoir la descendre en marche arrière, etc… Chaque journée de pratique nous présente de nouveaux défis pis c’est ben correct comme ça.

Dire qu’il y a à peine quelques semaines c’était difficile pour moi d’enligner quelques vitesses les unes à la suite des autres, maintenant que cette partie là de l’apprentissage est derrière moi, j’ai de plus en plus hâte de voir ce que nous réservent les profs à chaque cours. Grader, rétrograder, marche arrière, emmenez-en des projets !!! J’ai toujours hâte aux prochains défis car nos instructeurs nous ont montré qu’on peut avoir confiance en leur jugement et qu’ils vont adapter le niveau de difficulté à notre niveau d’apprentissage. Mais ça ne veut pas dire qu’ils ne nous placent pas dans des situations qui nous sortent hors de notre zone de confort. Au contraire !!! Et c’est ça la beauté de la chose ! On sait que ce ne sera pas toujours facile mais en  même temps, qu’on a les connaissances nécessaires pour relever le défi. Faut juste prendre le temps de bien analyser la situation et de se faire confiance. Si on a bien assimilé ce qu’on nous a enseigné et qu’on est capable de raisonner ce qu’on a appris, y’en a pas de problèmes. Peut-être quelques sueurs le long de la colonne vertébrale mais c’est à peu près tout… LOL

J’avoue que la pause des Fêtes me fait beaucoup de bien. Je n’avais pas réalisé combien de fatigue j’avais accumulé au cours de ces 12 semaines-là. Je sais qu’il en reste 18 et que ce ne sera pas toujours facile mais ça ne me fait pas peur car le plus dur, du moins pour moi, a été de passer de nombreuses semaines assis dans une salle de cours. C’est tough en titi passer une soirée dans une salle de cours à te concentrer quand t’as ta journée au bureau dans le corps. C’est 100 % d’attention toute le journée et toute la soirée. Maintenant en pratique, c’est également beaucoup d’attention car même lorsqu’on ne conduit pas, il faut être attentif à ce que dit le prof au chauffeur. Il faut regarder la route, les conditions dans lesquelles on évolue, jeter un oeil sur le RPM du moteur, la vitesse du camion, tenter de déterminer qu’elle sera la prochaine action que le chauffeur devra effectuer, etc… Mais ça se passe dans un environnement beaucoup plus dynamique qu’en classe et on a la chance de jouer dehors au lieu d’être emprisonné entre 4 murs pendant de longues heures.

La partie théorique est essentielle dans le cadre d’une telle formation mais une fois qu’on sort dehors pour jouer avec nos gros jouet, ce n’est plus la même game. On passe vraiment à une toute autre affaire ! Alors en dépit des longues heures de formation qu’il me reste à passer au travers, j’entrevois les prochaines 18 semaines comme du bonbon. Emmenez-en de la neige, du vent pis des conditions routières difficiles. C’est pour ça que je passe de nombreuses heures loin de ma famille et de mes amis. Pis c’est grâce à ces conditions difficiles que je vais devenir un bon camionneur qui reviendra semaine après semaine à la maison en santé et qui pourra aussi permettre aux utilisateurs de la route de retourner eux aussi en santé auprès de leurs familles.

L’année 2014 verra donc une partie importante de ma vie professionnelle prendre fin et un autre passionnant chapitre débuter. Cette année 2014 apportera son lot de défis. Bien des choses vont changer au cours des prochains mois et bien que certains de ces changements pourront sembler négatifs pour certains, soyez sans crainte pour moi. Un tel changement ne peut s’effectuer sans une certaine réorganisation. Mais l’important, ce n’est pas la réorganisation comme telle mais plutôt les résultats engendrés par cette réorganisation. parfois, il faut faire quelques pas en arrière pour mieux rebondir ou pour repartir dans une autre direction. Mais l’important, c’est qu’à la fin de la journée, que ce soit positif.

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Si vous croisé des camions qui affichent un logo semblable, S.V.P. soyez indulgent. Le gars ou la fille qui est au volant de ce camion est en train d’apprendre un métier qui est passablement plus compliqué que vous pouvez l’imaginer. Dites-vous que cette personne travaille fort pour apprendre des techniques de conduite sécuritaire qui pourrait vous et lui sauver la vie un jour. Ensuite, prenez quelques précieuses secondes supplémentaires pour réfléchir à tout ce que les camionneurs font pour vous dans une journée. Essayer de penser comment se déroulerait votre vie si tous les biens qui vous entourent et qui sont acheminé par camions disparaissaient subitement.

Sur ces paroles remplies de sagesses, j’aimerais sincèrement vous souhaiter une superbe année 2014. Comme me l’a si bien souhaité une amie sur Twitter tard hier soir, je vous souhaite à vous aussi santé, sexe et amour pour la prochaine année. Pis si la prospérité se met de la partie en plus, ça devrait être une année pas pire pantoute ! LOL

See you on the road !!!