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La vie après le nord – prise 4

Un ami du secondaire qui avait vu une demande que j’avais mise sur un groupe de camionneur sur facebook m’a proposé d’aller travailler pour son employeur. Dans ma tête, Prince ne faisait que du reefer (remorque réfrigérée) en équipe principalement vers la Californie.

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Puisque mon expérience de rouler en équipe – avec Truck’n Roll il y a 2 ans – n’avait pas été particulièrement emballante, je l’ai avisé que ça ne m’intéressait pas que je préférais du flatbed en solo. Bien qu’il ait vu quelques flatbeds au terminal, il n’avait pas réalisé que sa compagnie offrait maintenant ce type de services à ses clients.

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J’ai néanmoins décidé de contacter la personne ressource qu’il m’avait mentionné “au cas où…” Avant de la contacter, je suis passé faire une sauvette sur leur site web et c’est là que j’ai constaté que Prince possède maintenant une division flatbeds ce qui m’a grandement réjoui car au delà du type de travail que je recherchais, on m’avait grandement venté les relations dites “familiales” entre les chauffeurs et les bureaux. On m’avait dit qu’ici on appelle le chauffeurs par leurs prénoms et nom par leur numéro d’employé ! En plein ce que je recherchais !!!

Après une longue discussion avec la personne ressource, j’en suis venu à la conclusion que j’aimerais bien tenter ma chance avec cette compagnie qui semble avec des valeurs similaires aux miennes. À date, je dois dire qu’on ne m’a pas compté de mensonges.

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On m’a d’abord offert de débuter avec une remorque “rolling tarp” comme celle apparaissant sur la première photo en haut de ce billet. L’avantage d’une telle remorque c’est que tout ce qui voyage dans cette remorque est toujours à l’abri des intempéries. Comme dans un drybox sauf qu’on peut la charger par les côtés comme un flatbed et déplaçant la toile d’un bout à l’autre de la remorque. C’est comme un gros garage tempo sur roulettes. L’inconvénient c’est que la marchandise doit “fitter” à l’intérieur du tempo sinon c’est impossible de refermer la toile et par le fait même, de partir avec celle-ci pour aller la livrer.

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Après un premier voyage avec cette remorque, j’ai été appelé à faire un échange de remorque sur la route car un chauffeur devait revenir rapidement au Canada et n’était pas en mesure d’aller livrer son voyage chez son client. J’ai donc échangé ma “rolling tarp” pour un “step deck.” Comme le nom le dit, un step deck est une remorque avec une “marche.” Si vous regarder la 2e et la dernière photo vous verrai de quoi je parle.

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Avec une telle remorque, étant donné qu’une grande partie de son plancher est plus bas qu’un flatbed normal, il est possible de transporter des objets plus haut sans dépasser les dimensions totales requérant un permis de transport hors normes. Ainsi donc, un tracteur comme on peut voir sur la dernière photo serait trop haut sur un flatbed normal mais j’ai pu en transporter deux sans dépasser la hauteur permise. La présence de la bannière “D” indiquant un voyage hors normes est due au troisième “morceau” qui excédait la largeur maximale autorisée.

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Je me suis donc retrouvé au commande d’un step deck et à mon retour au terminal, on m’a proposé de le conserver pour mes prochaines assignations ! Bien sûr que ça implique que je dois utiliser de lourdes toiles pour protéger ma marchandise et que ce n’est pas mon sport préféré mais en même temps, je veux faire du fatbed pour faire plus d’exercice alors je suis bien servi de ce côté là ! Et ce serait pas mal hypocrite de ma part de chialer au sujet des toiles quand c’est justement une bonne source d’exercice ! Pis d’un autre côté, à travailler avec les toiles, je développe des trucs ce qui rend le travail plus agréable. C’est l’fun quand les toiles sont toutes bien alignées mais c’est n’est pas toujours évident à faire. Un jour j’vais être bon ! LOL

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J’ai donc pas mal plus de plaisir à faire mon travail au sein de cette équipe et en plus j’ai la chance de visiter des coins de pays (Canada et USA) que je n’avais pas encore eu la chance de visiter ! Ce n’est pas une obligation d’aller toujours vers des endroits inconnus mais c’est cool en titi !

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Par exemple, regardez-moi la bette ci-dessus ! Je me trouve en plein milieu d’un lac asséché situé à l’ouest de Salt Lake City, UT. C’est à quelques kilomètres de cet endroit que l’on retrouve la piste de vitesse de Bonneville où à chaque année, des mordus de vitesse tentent de battre des records de vitesse. Il fait beau, il fait chaud et la surface blanche derrière moi est du sel et non pas de la neige. Cette journée là, il faisait autour de 36 Celsius alors soyez sans crainte, ce n’était pas de la neige…

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Nous avons plusieurs clients au Nevada alors j’ai la chance de rouler pas mal dans des conditions chaudes. Par contre, il y a de nombreuses montagnes entre les plaines alors j’ai bien hâte de voir de quoi auront l’air les conditions routières quand la température commencera à rafraichir.

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Il y a quelques jours à peine, j’ai rencontré des températures de -1 au Wyoming ! Faut dire que les conditions climatiques sont très sèches alors il n’y a pas d’humidité pour emmagasiner la chaleur durant la nuit ce qui fait que la température baisse rapidement lorsque le soleil se couche. C’est l’un un climat désertique le jour mais il faut être bien habillé la nuit !

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C’est ce genre de situation qui rend ce travail si intéressant. Ma job c’est de garder mon camion et ma remorque entre les lignes et de rendre la marchandise chez le client en bonne condition. Mais c’est aussi tellement plus que ça !

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Je vous laisse avec d’autres photos prises au cours de mes derniers voyages. On se reparle sous peu !

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Trax à Salt Lake City, UT
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Bibliothèque à Salt Lake City, UT
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Un astronaute perdu à Salt Lake City, UT
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Salt Lake City, UT
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Summer League de la NBA à Salt Lake City, UT
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Summer League de la NBA à Salt Lake City, UT
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Alerte de tornade à North Platte, NE
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Après l’alerte de tornade, le beau temps à North Platte, NE
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Charles est venu avec moi à Saguenay, QC et il a eu droit à son premier cours d’arrimage
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Quand la marchandise prend toute la longueur de la remorque, il faut 3 toiles (2 rouges et une bleue) pour tout couvrir. Il faut aussi une tonne de bungies !
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J’adore cette sculpture que l’on retrouve sur le site du siège social de Cabela’s à Sidney, NE
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Quand on débute sa journée tôt, on a droit à ce genre de vue !
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Des remorques plein ma remorque en direction de la Colombie-Britannique
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Des remorques plein ma remorque en direction de la Colombie-Britannique
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J’aime bien rouler tôt le matin
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Première visite au port d’Halifax, NS

 

La vie après le nord – prise 3

Après une fin en queue de poisson chez CJFR, je me suis dit que serait peut-être bien de chercher une entreprise d’envergure qui s’occupe bien de ses chauffeurs et non pas juste des ses administrateurs.

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Un de mes collègues du CFTC travaille pour la compagnie Hyndman depuis que nous avons terminé notre formation en transport par camion. Il m’avait parlé en bien de son employeur à quelques occasions et je me suis dit que ce serait peut-être le temps d’aller voir comment ça se passe dans une telle compagnie. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai pris le train en direction de Kitchener en Ontario pour ma formation pré-embauche.

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Une fois cette formation de quelques jours terminée, on m’a alloué un camion me permettant de revenir à la maison et ainsi me préparer à ma première assignation. Bien que préférant faire du flatbed, je me suis dit que ce serait bien de retourner en drybox pour mieux voir ce qui se passe de ce côté là de la business.

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Mon premier voyage m’a permis de traverser le Canada du Québec jusqu’en Colombie-Britannique. J’ai eu l’occasion de traverser le pont à Nippigon, ON, pont flambant neuf qui a malheureusement éprouvé des problèmes techniques dû à une erreur des concepteurs qui fait en sorte qu’il y a trop de haubans pour un pont de cette longueur. Lorsqu’il fait froid, les haubans se contractent et tirent le tablier du pont vers le haut. Comme les piliers centraux ne sont pas situés au centre du pont, il y a donc beaucoup plus de tension du côté ouest du pont ce qui a eu pour effet de faire lever le tablier du pont ! Tout au long des travaux pour corriger la situation, nous ne pouvions passer que dans une seule direction à la fois et ce sous la supervision d’une escorte routière qui roulait devant chaque convoi.

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En Alberta, j’ai eu la chance de croiser du transport hors normes. Je n’ai pas eu l’occasion de croiser du matériel de très grandes dimensions destiné à l’industrie pétrolière mais j’ai tout de même croisé des bâtiments complets qui étaient déplacés d’une ville à une autre !

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Par la suite, j’ai renoué avec les Rocheuses. Quel plaisir de parcourir ce coin de pays ! Probablement que je vais changer d’idée cet hiver mais en attendant, oh là là que j’aime ce coin-là ! C’est vraiment extraordinaire comme endroit !

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Une fois rendu à Vancouver, j’ai eu la mauvaise surprise de constater que le système de chauffage de ma couchette venait de rendre l’âme. Après discussion avec le mécano de la compagnie, il a été décidé d’apporter mon camion chez le concessionnaire International de Langley. Mon hôtel, situé à quelques kilomètres du centre-ville et à mons d’un kilomètre d’un arrêt d’autobus menant au Skytrain, était des plus confortable.

C’était une bonne chose considérant qu’il a fallu près d’une semaine pour identifier et réparer le problème. C’est à ce moment que j’ai appris que mon camion était équipé d’un des 19 prototypes en circulation au Canada et qu’un problème de programmation du système d’exploitation de la dite chaufferette était en cause. Heureusement, en attendant la mise à jour, qui devait être effectuée à Toronto par les concepteurs du logiciel, je pouvais effectuer une courte procédure qui permettait de remettre tout ça en marche.

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ma malchance m’a donc permis de prendre le transport en commun pour me déplacer de la banlieue et ainsi pouvoir visiter cette superbe ville côtière. Puisque les premiers jours, j’ai dû les passer au garage à attendre et espérer que mon camion soit réparé, j’ai finalement visité la ville que pendant 2 jours mais ce fut tout de même suffisant pour me faire tomber en amour avec la ville. J’ai déjà hâte d’y retourner comme touriste !

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En fin de compte, j’ai une fois de plus réalisé que je ne trippais pas tant sur le drybox. De plus, j’ai constaté que de travailler pour une aussi grosse compagnie, ce n’était pas pour moi car tous les employés sont des numéros et cela semble déresponsabiliser plusieurs d’entre eux. C’était certainement le cas de ceux affectés à la paperasse des douanes car j’ai pratiquement éprouvé des problèmes à toutes les fois que j’ai traversé la frontière et ce, peu importe dans quelle direction je la franchissais ! J’ai passé de nombreuses heures assis ur mon cul à attendre qu’ils finissent par faire leur travail. J’ai aussi passé de très nombreuses heures chez les courtiers de douanes car la paperasse qu’ils avaient acheminé à ma compagnie n’avait pas été vérifiée et c’était tout croche.

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Malgré tout, je peux dire que ce fut une expérience intéressante. J’ai vécu de belles choses avec Hyndman et probablement que si j’avais été plus patient et compréhensif, les choses n’auraient pas été si pires mais malheureusement, j’ai horreur qu’on me traite d’une manière qui est incompatible avec la manière que je traite les autres. Je ne fais pas aux autres ce que je ne veux pas qu’on me fasse et je m’attend à la même chose des autres ce qui n’a malheureusement pas été le cas de certaines personnes dans cette compagnie.

Pis our être honnête, je m’ennuyais du travail de flatbed alors plutôt que d’aller faire une job qui ne me convenait pas et où j’étais malheureux, j’ai préféré quitter et tenter ma chance ailleurs.

Je fais dur en maudit

Je sais, je sais, j’suis pas fiable pantoute. À chaque fois, je dis que je vais revenir bientôt pis après ça, je disparais dans la brume…

Disons que lorsqu’on est camionneur, ou bedon on est sur la route pis on a pas le temps d’écrire un blog, ou bedon on est à la maison pendant quelques heures et on profite de ces heures pour les passer avec les membres de notre famille pis l’ordi passe en deuxième genre…

C’est dommage car j’aime bien venir ici pour vous jaser et mettre des photos mais quand le temps manque, ben c’est ça qui arrive. N’empêche, avec la technologie, ça devrait être plus simple d’écrire ici sans devoir sortir le laptop, se brancher à un réseau sans fils, transférer les photos du cellulaire au laptop et finalement écrire quelque chose de sensé avant d’aller se coucher.

J’avais jadis downloadé la version iOS de l’application WordPress mais je n’avais pas été ben ben impressionné. Je vais devoir faire de nouveaux tests pour voir car si ça fonctionne bien, je vais pouvoir venir vous jaser plus souvent.

À suivre…

P’tit test de photo avec l’application iOS


C’est un condo comme ça que ça va nous prendre Carole !

Wow !!! La nouvelle version de l’application iOS semble pas mal plus à point qu’avant. Je sens que ça va être plus plaisant à utiliser. C’est une bonne nouvelle ça !

Côte ouest

Voilà déjà 9 jours que j’ai quitté le confort de ma maison pour partir en tournée nord-américaine jusqu’à la fin du mois de juillet. Après quelques aventures sur la côte est – c’est compliqué se trouver une place pour coucher sur la côte est – c’est sans trop de problèmes que nous avons traversé le continent par le sud – la I-40 en fait – pour aboutir en Californie où nous demeurerons jusqu’à quelques jours du lancement de la tournée le 19 juin prochain.

En attendant, je découvre tranquillement mes nouveaux compagnons de voyage ainsi que la faune et la flore californienne. Disons qu’on est loin du Québec blanc catholique homogène par ici. La diversité ethnique est très grande et par conséquent, les façons de faire sont nombreuses et différentes.

Bien entendu, la communauté latine est très importante. Non seulement en nombre mais également dans son impact dans les médias, l’histoire et la politique.

Pour un foodie comme moi, ça représente un grand nombre de possibilités de goûter à des choses que je ne connais pas. Disons que c’est la partie plate de la job… 😉

Par contre, si je veux continuer sur ma lancée de perte de poids, il va falloir que je continue à bouger et c’est pour ça que j’ai fait l’acquisition de bon vélo pliant qui va me permettre de faciliter mes déplacements et de brûler des calories.

Voici quelques souvenirs de mon séjour en Californie. D’autres photos suivront losque je les aurai transférées sur mon iPhone.

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C’est parti mon kiki !

Ouais ben disons que dernièrement, je ne peux me plaindre que ma vie est plate. Après 8 mois d’une routine lourde mais rassurante, je suis maintenant arrivé dans mon nouveau métier et j’apprends à tous les jours que la certitude qui a marqué mes 25 dernières années  sur le marché du travail, c’est quelque chose de révolu. Du moins pour l’instant. Peut-être qu’avec les années, ça va s’estomper un peu et que je vais redevenir zen face à ce que me réserve demain mais pour l’instant, ma seule certitude c’est que dans ce métier, tout peut changer du jour au lendemain. Je ne dis pas ça de façon négative, bien au contraire. C’est juste que ça bouge beaucoup et vite et parfois ça me donne un petit vertige… Mais bon, peut-être que ça va me passer lorsque je me saucerai les pieds dans le Pacifique ou encore que je déambulerai tranquillement sur la Strip à Vegas dans quelques semaines… 😉

Comme je vous le mentionnais dans mon dernier billet, j’ai été embauché par la compagnie Truck’n Roll et j’ai débuté mon travail lundi dernier. Après une longue séance de paperasse – moi qui trouvait qu’on avait de la paperasse dans la fonction publique, c’est rien comparé avec le transport par camion. Surtout quand on veut rouler aux USA. Ça prend encore plus de paperasse !!! Ensuite j’ai eu droit à une belle présentation sur la compagnie et les nombreuses règles qui encadreront mon travail. C’est loin d’être évident mais en même temps, il faut que je me donne le temps d’assimiler tout ça même si dans les faits, j’aimerais bien tout savoir sur le bout des doigts immédiatement. Que voulez-vous. Pendant de nombreuses années, j’étais une source de références pour mes collègues et là je dois tout recommencer à zéro. Disons qu’il faut parfois faire preuve de beaucoup d’humilité mais je vais y parvenir et j’espère qu’un jour je serai en mesure d’aider les p’tits nouveaux qui se joindront à notre équipe.

Ainsi donc, lundi en fin de journée, j’ai appris que je devais me rendre au Nouveau Brunswick pour aller livrer de la marchandise à l’est de Moncton pour ensuite récupérer une autre cargaison destinée à l’ouest américain. J’ai profité de mon court séjour pour prendre quelques photos. Disons qu’en milieu rural, dans ce coin du pays, mes amis pompiers volontaires ne l’ont pas toujours facile…

Port Elgin Fire Station
Port Elgin Fire Station

Sur le chemin du retour, j’ai rêvé à comment ça pourrait être tripant en mozus de partir de la côte est et aller livrer ma cargaison dans l’ouest lors de ma première assignation. Cependant, je me suis concentré à me rendre sécuritairement à destination et ensuite à ramener le tout à mon terminal d’attache. Malgré toute ma bonne volonté, j’ai bien failli prendre le clos. C’est que, voyez-vous, mon dispatch m’a appelé alors que je roulais pour me faire part de m’envoyer sur une tournée nord-américaine dès le 1er juin !!!

Le problème ce n’était pas d’utiliser mon cellulaire au volant. J’ai un beau petit casque bluetooth que belle-maman m’a offert à Noël spécialement pour ce genre de situation. À l’instar de Jean Charest à l’époque, moi je demeure en contrôle de la situation en ayant les “deux mains sur le volant.” Mais avouez que ça fesse dans l’dash de se faire offrir une tournée de 24 spectacles en 58 jours après seulement 3 jours d’emploi !!! C’est hot par ordinaire ça.

À mon arrivée à mon terminal, on m’a informé officiellement que je partais dès lundi en direction de l’État de New York en préparation de la tournée qui se mettra officiellement en branle le 19 juin prochain à Chicago. Ensuite direction de l’ouest canadien, de la côte ouest américaine, du Texas avant de venir faire les 12 derniers shows dans le nord-est des USA et du Canada. La tournée se terminera le 28 juillet à Toronto. Fiou !!!

Disons que c’est difficile de ne pas tripper quand on se fait offrir une telle tournée. J’ai vraiment vraiment hâte de débuter et de venir partager avec vous mes souvenirs de voyage.

À bientôt !

Truck’n Roll baby !!!

Suite à mon stage, la compagnie qui avait accepté de me recevoir en stage m’a laissé savoir que mes services ne seraient finalement pas retenus puisque la reprise printanière tarde à se manifester et qu’elle possède présentement suffisamment de chauffeurs pour faire face à la demande.

J’ai donc dû refaire l’exercice de recherche d’une compagnie qui semblait répondre mes attentes tout en demeurant ouvert à découvrir des compagnies qui pourraient me surprendre.

En matière de camionnage au Québec, il y a un incontournable et il s’agit du site Truck Stop Québec. J’ai donc épluché les nombreuses annonces de la section emplois et j’en ai retenu 3-4 qui venaient me chercher soit par le type d’emploi ou encore par leur ouverture face aux étudiants.  J’ai donc complété des demandes d’emplois par l’intermédiaire de leur site web et j’ai ajouté un rappel dans mon agenda électronique car je voulais effectuer un suivi après quelques jours, histoire d’augmenter mes chances de décrocher un emploi.

Tout au long de ses démarches, je pensais également à cette entreprise de Dorval qui se nomme Truck’n Roll. Tsé des fois, tu as une évidence qui te dévisage pis tu fais comme si tu ne la voyais pas. Ben c’était pas mal mon cas avec cette compagnie là.

Mon trip avec Truck’n Roll a débuté à l’automne 2013 quand j’ai vu une affiche de recrutement sur le babillard du CFTC. Affiche sobre mais efficace qui expliquait ce qu’est Truck’n Roll soit une compagnie de transport se spécialisant dans les arts de la scène en Amérique du Nord. TnR – pour les intimes – offre aussi ses services de transport d’événements corporatifs de même que du transport général et spécialisé.

Une de mes premières motivations de vouloir devenir camionneur était et est toujours de voyager partout à la grandeur de l’Amérique du Nord et de pouvoir découvrir de nouvelles villes et des gens différents. Les camionneurs sillonnent l’Amérique du Nord mais souvent, ils n’ont pas la chance de se rendre dans les centre-villes où se déroulent les activités de la population de l’endroit. Les truck stop c’est bien beau mais parfois les découvertes que l’on y fait ne sont pas nécessairement celles que l’on retrouve dans les guides touristiques de la ville voisine.

Puisque de nombreux amphithéâtres sont situés en plein centre-villes et que les spectacles ont lieu le soir, il y a normalement des possibilité de jouer au touristes au cours de la journée pendant que l’équipe technique s’occupe de monter la scène. Quoi demander de mieux. Une job de camionneur agrémentée de la possibilité de visiter de nombreuses villes de l’Amérique du Nord. En bref, la vie de rock star sans les inconvénients et la paye !!! LOL

En janvier dernier, j’ai eu le plaisir de rencontrer deux représentants de Truck’n Roll qui sont venus au CFTC dans le cadre des rencontres corporatives qui sont organisées pour mettre les étudiants et les entreprises en contact. À raison de deux parfois trois entreprises par semaine, c’est un bon moyen de recrutement pour les entreprises et ça permet aux étudiants d’être mieux outillés quand vient le temps de décider où ils veulent aller travailler.

Lors de cette rencontre, au cours de laquelle j’ai constaté que j’étais le seul étudiant qui semblait intéressé par Truck’n Roll, j’ai longuement discuté avec les représentants. Nous avons même échangé nos adresses de courriels afin de demeurer en contact. Je leur avais d’ailleurs écrit par la suite pour obtenir des renseignements supplémentaires car ça me semblait pas mal cool comme entreprise.

Là où je m’étais dégonflé, c’est lorsque l’on m’avait fait part que les candidats qui se pointaient pour un road test devait être très hot entache arrière car les salles de spectacles sont rarement équipées de débarcadères convenables ou encore ils sont situé dans dans endroits difficiles d’accès. Il faut donc que leurs camionneurs soient en mesure d’effectuer les manoeuvres requises pour se rendre au débarcadères et y faire décharger sa marchandise.

Après mes déboires reliés à la marche arrière en compétence 9, j’ai passé de nombreuses heures à pratiquer derrière l’école mais je savais que j’étais devenu un spécialiste de la marche arrière dans cette cour mais que ça risquait d’être encore difficile ailleurs. Ça c’est confirmé lors de mon stage chez Bellemare car j’avais de la difficulté à bien effectuer les manoeuvres dans la cour. C’était principalement dû au fait que les remorques sont toutes stationnées à 45 degrés au lieu de 90 degrés. Par contre, j’ai effectué quelques manoeuvres de recul complexes chez des clients sans trop de difficultés alors je savais qu’en prenant mon temps je pourrais éventuellement arriver à faire de la marche arrière en pratiquant fort. Mais pour pratiquer, il faut une job dans le métier…

Marche arrière au CFTC
Marche arrière au CFTC

J’ai néanmoins surmonté mes craintes de l’échec et j’ai contacté Truck’n Roll pour leur offrir mes services. Hier matin, je prenais la route en direction de Dorval pour effectuer mon road test. Après un court entretien au cours duquel j’ai fait part de mes motivations à travailler dans le milieu du transport et pour plus particulièrement pour Truck’n Roll, on m’a demandé de procéder à  la vérification avant départ d’un camion et d’une remorque avant de prendre la route pour environ une heure.

Pendant le test, j’ai fait part de ma très grande nervosité à la personne qui m’accompagnait. Il faut dire que même si j’ai déjà appliqué sur plusieurs processus de sélection dans ma vie, le road test est particulier pour moi puisque je dois démontrer des connaissances et des compétences que je maitrise depuis peu de temps alors que dans mon autre vie, j’avais l’opportunité de démontrer les connaissances et les compétences j’avais acquises depuis des mois, voir des années. Disons que pour la confiance en soi, c’est très différent.

Néanmoins, malgré cette grande nervosité j’ai su me démarquer et à notre retour au bureau, on m’a demandé si je voulais faire partie de l’équipe de Truck’n Roll. C’est sans hésiter que j’ai dit oui !

Ainsi donc, mon aventure débutera officiellement le lundi 26 mai prochain. Une fois les formalité administratives terminées, j’aurai droit à une formation de quelques heures sur les procédures et règlements de l’entreprise. Ensuite, je passerai quelques heures à parfaire ma technique de marche arrière.

Si tout va comme prévu, ce sera mon baptême de la couchette et normalement, je devrais effectuer ma première livraison dès le lendemain. Puisque je maitrise bien la langue anglaise, je m’attend à traverser rapidement la frontière canado-américaine car il semble y avoir une demande importante de ce côté-là au sein de l’entreprise.

Entre temps, je suis à monter mon “trousseau.” Comme une jeune femme qui s’apprête à emménager avec son amoureux, je prépare certains articles de la maison qui me seront utiles sur la route. En partant de la base comme le papier cul et la brosse à dents jusqu’à l’oreiller et le sac de couchage. Éventuellement, je vais ajouter des draps et une couette à mon trousseau mais je veux être certain des dimensions de la literie avant d’acheter ce qu’il me faut.

Revenez donc faire un tour de temps en temps pour voir comment se déroule ma nouvelle vie.

Retour sur mon stage

Une fois la formation théorique et pratique terminée, il ne restait qu’une seule étape pour officialiser ma formation et c’était la réalisation d’un stage de 90 heures dans une compagnie de transport. Que ce soit en mode actif – la stagiaire conduit un camion et participe aux différentes tâches qui composent la journée du camionneur qui l’accompagne – ou en mode observation – un stagiaire pourrait techniquement passer tout son stage à observer son compagnon sans jamais toucher au volant ni effectuer aucune des tâches reliées au métier – le stagiaire doit s’initier au métier de camionneur en effectuant un stage de 90 heures en entreprise.

Lors de notre rencontre préparatoire, on nous avait bien mis en garde du choc culturel que nous allions vivre entre la “réalité” du centre de formation et cette de l’industrie. La ouate et l’accompagnement particulier, ça n’existe pas dans ce métier. Il y a de la marchandise à livrer et il faut que ça ce fasse dans les plus brefs délais alors pas de niaisage, il faut que ça roule ces trucks là !!!

J’ai eu la chance d’effectuer mon stage dans une entreprise de mon coin. Le Groupe Bellemare  a accepté de me prendre en stage avec une possibilité si les conditions gagnantes étaient réunies que je me joigne ensuite à eux à titre d’employé.

Chez Bellemare, le pain et le beurre de la division transport est le transport de cargaison de toute sorte sur remorques à plateau (flatbed) et que de la machinerie lourde sur fardier. Le groupe Bellemare possède également une très grande expérience dans le transport de pièces d’éoliennes de grandes dimensions ainsi que dans le transport de toute marchandise hors-norme.

Au delà de la conduite du camion semi-remorque proprement dit, l’arrimage est la pierre angulaire du travail des camionneurs oeuvrant pour cette entreprise. En effet, il ne sert à rien d’être un as de la conduite de camion si la cargaison n’est pas sécuritairement arrimée à la remorque. Les normes d’arrimages sont nombreuses et il est parfois complexe d’arrimer adéquatement la cargaison que l’on transporte. C’est pour cette raison que mon stage s’est principalement déroulé au niveau local et régional car le superviseur de mon stage voulait s’assurer que je comprenais bien les différentes problématiques reliées à l’arrimage afin qu’éventuellement, je puisse gérer moi-même le chargement et l’arrimage de ma remorque.

J’ai donc effectué plusieurs courts voyages entre différentes usines de Trois-Rivières tout en transportant des pièces usinées de formes et de poids divers. Je devais donc décider à quel endroit sur ma remorque je faisais déposer la dite pièce et ensuite m’assurer que celle-ci était bien arrimée.

J’ai donc eu la chance d’apprendre beaucoup de notions qui me serviront tout au long de ma carrière. Ça l’air simple comme ça de faire déposer un bloc usiné de 64 000 livres sur une remorque mais il y a tout un calcul qui doit être effectué afin de s’assurer que la charge est répartie convenablement sur les différents essieux de la remorque et du camion. Et il faut ensuite penser aux équipements – courroies et/ou chaines – qui nous permettront d’arrimer sécuritairement et légalement notre marchandise.

Mes premiers essais n’ont pas tous été de grandes réussites mais après quelques voyages, j’avais compris les principes sous-jacents à ces tâches et j’étais en mesure d’effectuer le travail convenablement.

Pendant ma formation, nous avons souvent sillonné les routes de la Beauce et de la région de Thetford Mines. Quelles belles régions ! Étant situées dans les Appalaches, ces routes représentent de beaux défis pour les camionneurs. J’avais hâte d’y retourner dans une vrai situation de camionnage avec un camion possédant “un gros moteur” et une véritable cargaison, pas seulement des blocs de bétons. Il faut dire que strictement parlant, le type de cargaison a peu d’importance mais coté psychologique, c’est une toute autre affaire de voir une vrai cargaison dans ses rétroviseurs. J’sais pas pourquoi mais c’est pas pareil ! LOL

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Foreuse

Même si elle ne pesait que 40 000 livres, c’était tout un feeling de monter et descendre les côtes sur le chemin du retour avec cette cargaison sur mon fardier. J’ai été super gâté car mon camion était équipé d’un puissant moteur ce qui m’a permis de monter les pentes sans trop me casser la tête et surtout les descendre sécuritairement grâce au frein moteur qui retenait très bien l’ensemble de mon véhicule.

Comme dernière journée de stage, ça été bien agréable.

Malheureusement, mon aventure avec le groupe Bellemare s’est terminée avec la fin de mon stage. La reprise des activités de transport escomptée ce printemps tarde à se faire attendre suite à un long hiver qui n’en finissait plus de finir. Le besoins actuels de main d’oeuvre sont présentement comblés à l’interne et il n’y avait pas de travail pour moi.

Je suis un peu déçu de la situation mais en même temps, il est encore temps de se retrousser les manches et effectuer d’autres démarches auprès d’autres compagnies de transport qui m’intéressent. Quand on veut travailler, on finit toujours par trouver quelque chose. Qui sait, ce sera peut-être le sujet de mon prochain billet ?


 

J’allais oublier: le choc culturel entre la vraie vie et celle que nous avons vécu au CFTC. Le choc est terrible. Plus pour certains que pour d’autres mais ça fesse en titi pareil !!! Oufff… Mais une fois le choc initial passé et qu’on comprend pourquoi ça fonctionne de cette façon, c’est un peu moins pire. Mais ça sonne pareil !

Pour quelqu’un qui, comme moi, sortait du confort de la fonction publique, c’est tout un choc. C’est comme si les notions de services à la clientèle, de travail d’équipe et de collaboration prenait le bord d’un seul coup et qu’on remplaçait la définition dans le dictionnaire par des hiéroglyphes. Ça veut peut-être dire la même chose mais j’arrive pas à le savoir car je suis incapable de lire ce qui est écrit. Pis ceux qui pourraient m’expliquer, ben ils parlent martien ou une autre langue que je ne comprends pas.

Heureusement que l’humain a une très grande capacité d’adaptation. Ça aide beaucoup.