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L’enfant maudit

Ça y est ! Le log électronique, cet enfant maudit du camionnage est maintenant obligatoire aux USA. Oui, oui, je sais, pas pour tout le monde car il y a quelques exceptions mais règle générale, c’est la très grande majorité des chauffeurs qui sont touchés par cette nouvelle mesure. Si ton camion roule aux USA, il doit maintenant être équipé d’un log électronique.

Si on se fit aux cancans sur les interwebs, de nombreux chauffeurs ont accroché leurs patins le 18 décembre 2017 car ils ne pouvaient concevoir que le gouvernement allait leur enlever leur liberté. Ainsi donc, selon leur dire, au moins 30% des camionneurs US ont pris leur retraite ou conduiront seulement qu’au Canada afin de pouvoir continuer de profiter de leur liberté.

Pouhahaha !!! Ils me font bien rire avec leur liberté. C’est justement à cause de cette supposée “liberté” qu’on se fait imposer toutes sortes de maudites règlementations. Ça ne fini plus !

Cette “liberté” si chère à ces grandes gueules, c’est de pouvoir faire à peu près tout ce qu’ils veulent sans se faire écoeurer. Ça veut dire rouler 18 heures par jour parce que, voyez-vous, ces super truckers veulent une grosse paye et au lieu de négocier de meilleurs conditions salariales auprès de leurs patrons, ils roulent de plus en plus longtemps !

En langage populaire, on appelle ça crosser son log mais si j’ai bien compris les super truckers, c’est pas du crossage de log mais plutôt une réalité alternative qui fait en sorte que même si la règlementation en place te dis de te déclarer “on duty” dans certaines circonstances et bien les super truckers préfèrent se mettre “off duty” ce qui fait en sorte qu’ils “récupérent” 2 heures de conduite leur permettant ainsi de rouler plus.

Il y a aussi la technique de “logger au milage” au lieu de “logger à l’heure.” Voici un exemple concret: Je dois me rendre à Port Huron au Michigan. La loi dit que je dois comptabiliser toutes les heures que je passe au volant de mon camion. Je quitte donc Trois-Rivières et je roule sur la 40 jusqu’à Montréal où la circulation est dense et je perd une heure sur le Métropolitain. En sortant à l’ouest de Montréal, ça fait déjà 3 heures que je roule même si je suis à 200 km de mon point de départ.

J’arrive sur la 401 et je file vers Toronto. Les conditions sont difficiles sur la route et rendu au niveau de Cardinal, il y a un grave accident ce qui m’oblige à prendre la route 2 désignée comme route d’urgence lors de telles situations. La route 2 est très congestionnée et je perd une autre heure à négocier ce détour de quelques kilomètres à peine. Une fois de retour sur l’autoroute 401, je repars de plus belle en direction de Toronto que j’atteins juste au début de l’heure de pointe.

Ça fait déjà 8 heures que je roule. Après un court arrêt dans une aire de service pour subvenir à certains besoins primaires, je suis de retour derrière mon volant. Les conditions de route sont difficiles ce qui fait qu’il me faudra 3.5 heures pour rallier London 200 kilomètres plus loin. Cela fait maintenant 11.5 heures que je suis sur la route et j’ai un peu plus de 800 km de parcourus.

Je parcours les 100 derniers kilomètres avant de franchir la frontière Canado-américaine. Je roule maintenant depuis 12.5 heures et je suis à environ 900 de Trois-Rivières. Port Huron est juste de l’autre côté de la frontière. Le client où je dois aller livrer est à moins de 10 kilomètres de moi. Si je joue “by the book”, je ne peux traverser la frontière car au USA, il est interdit de rouler plus de 11 heures par jour. Puisque je je suis assis derrière le volant depuis 12.5 heures, je serai en situation illégale si j’entre aux USA immédiatement. Je devrai donc m’arrêter 10 heures avant de reprendre la route demain matin. Dans cette situation, j’ai choisi de respecter la loi et de consigner mes heures de conduite en temps réel.

D’autres choisiront de consigner leur temps de conduite en fonction de la distance parcourue et de la vitesse moyenne de leur camion. Ainsi donc, notre super trucker va calculer que les 900 km parcouru ont été effectués à une vitesse de 100 km/h ce qui fait qu’il a seulement 9 heures de conduite. Il lui reste donc suffisamment de temps pour aller livrer sa marchandise chez son client et revenir jusqu’à London en Ontario ce qui lui donnera 1000 kilomètres de parcouru en 10 heures alors qu’en vérité, il est sur la route depuis plus de 12.5 heures.

Histoire de mettre la cerise sur le sundae, au Canada, il est permis de rouler 13 heures par jour. Comme ça fait, selon son log,  “juste 10 heures” qu’il roule, il lui reste donc 3 heures de conduite s’il désire continuer. Toujours selon ses calculs, ça lui permettra de traverser de nouveau Toronto avant de finalement s’arrêter à Pickering, 300 km plus loin.

Son log “maximisé” affichera donc 1300 km parcourus en 13 heures alors que dans les faits, il aura mis 17.5 heures à parcourir la distance. Ainsi donc, s’il a quitté Trois-Rivières à 6h00 le matin, il s’arrêtera entre minuit et 1h00 le lendemain car il faut aussi comptabilisé le temps pris pour livrer la marchandise, manger et aller aux toilettes. Bien entendu, les heures indiquées sur le log seront différentes afin que tout ça “fitte” avec la règlementation.

Le pire, c’est qu’après 4-5 heures de sommeil, notre chauffeur reprendra la route pour refaire une autre journée similaire et une autre et une autre après jusqu’à la fin de sa semaine de travail. Il va avoir une superbe de paye mais il va avoir mis sa santé et sa vie de même que celle tous les usagers de la route en danger. Mais cette manière de comptabiliser ses heures lui permettra d’empocher au moins 30% plus de salaire hebdomadaire. Salaire qu’il n’aura pas volé à son employeur puisqu’il aura bel et bien roulé la distance déclarée mais qu’il aura obtenu en déclarant de fausses informations sur son log.

Pourquoi, me demanderez-vous, le camionneur possédant un log électronique ne peut-il pas faire la même chose ? Parce que son appareil est relié à l’ordinateur de bord de son camion. Le log électronique enregistre les mouvements du camion sans possibilité de modification de la part du conducteur. Ainsi, si le camion a été en mouvement pendant 17.5 heures comme dans l’exemple ci-dessus, il est impossible de modifier le log pour inscrire que le camion a plutôt roulé 13 heures.

Là où notre super trucker risque gros, c’est en cas d’accident. Surtout s’il y a des blessés et encore plus s’il y a des morts ! En effet, lors de l’enquête relative à l’accident, les autorités compétentes vont “interroger” l’ordinateur de bord du camion pour voir si les informations indiquées sur le log papier du chauffeur correspondent aux événements enregistrés par l’ordinateur de bord du camion.

Si les informations sont similaires, le chauffeur va être en relative bonne position face aux autorités. Par contre, plus les écarts seront grands entre le log du chauffeur et les informations contenues dans l’ordinateur de bord, plus le chauffeur sera dans le pétrin !

Quand on voit comment le système de justice américain fonctionne, la dernière chose que l’on veut c’est de s’y retrouver mais pour certains, l’appât d’une grosse paie a préséance sur les risques encourus. Et ce n’est guère mieux au Canada car de plus en plus les chauffeurs de camions sont pointé du doigt lors d’accident impliquant des camions. Nous avons avantage à “rouler légal” afin de ne pas prêter flanc à des accusations qui pourraient nous coûter cher.

On pourrait discuter durant des heures de l’implication des chauffeurs de camions et des automobilistes dans ces accidents mais le but de ce billet est tout autre. Je garde ce sujet pour un futur billet où il sera possible d’en discuter plus en détail.

Est-ce parfait le log électronique dans la vraie vie ? Pas vraiment car malheureusement, au delà de toute cette règlementation, il y a justement la vraie vie. Avec la croissance du transport par camion, il est de plus en plus difficile de trouver des places de stationnement à tout moment de la journée. Il faut parfois rouler de longues minutes pour trouver un endroit sécuritaire pour s’arrêter pour la nuit

Avec un log papier, ces longues minutes disparaissaient une fois le camion stationné sécuritairement. Surtout si on n’avait plus d’heures de conduite de disponible. Était-ce correct de procéder ainsi ? Bien sur que non mais je connais pratiquement aucun camionneur qui n’a jamais “oublié” de comptabiliser ces quelques minutes supplémentaires car cela n’avait qu’un infime impact sur son niveau de fatigue et la durée de son sommeil.

Malheureusement, le log électronique ne permet pas une telle “souplesse.” Ainsi, si je défonce mes heures de quelques minutes et que je suis par la suite contrôlé par un contrôleur routier, je devrai m’expliquer et espérer qu’il fera preuve de discernement dans l’analyse de mon dossier et qu’il comprendra qu’à ce moment précis, j’ai du rouler plus longtemps que permis par la loi afin de pouvoir me trouver un stationnement sécuritaire pour passer la nuit.

Il existe bien une exception concernant les mauvaises conditions climatiques et le traffic mais le camionneur doit être en mesure de démontrer que les conditions rencontrées n’étaient pas connu au moment ou il a pris la route. Par exemple, si ça fait 2 jours qu’on annonce un blizzard dans la région où je me dirige et que j’essaie d’invoquer cette exemption pour justifier le fait que j’ai roulé 1.5 heure de plus dans ma journée, j’ai avantage a avoir une superbe “poker face” quand je vais jaser avec le contrôleur routier.

Par contre, si un accident se produit à quelques kilomètres devant moi et que je n’ai aucun moyen de le savoir avant d’arriver sur les lieux, là c’est une autre histoire.

L’important, je crois, c’est de ne pas prendre tout le monde pour des caves. Si ton historique de log est clean et que ton attitude est positive et que tu démontres que tu es capable de fournir des réponses claires et précises pour expliquer un écart entre la règlementation et ce qui est enregistré dans ton log, ça devrait bien aller. Par contre, si tu te prends pour Dieu le Père et que tu confrontes le contrôleur, c’est possible que t’aies l’impression de faire du bénévolat cette semaine-là…

Le temps où tout les camionneurs pouvaient faire tout ce qu’ils voulaient en se crissant des autres est révolu. C’est malheureux mais c’est comme ça et c’est dû en grande partie aux nombreux abus qui ont été découvert au fil des années.

On a beau penser que tous les bureaucrates sont fous à lier et qu’ils ne comprennent rien à notre réalité, malheureusement ils ne sont pas caves à temps plein. Dans une autre vie, j’ai été à même de constater que des personnes que je croyais complètement déconnectées de ma réalité d’employé en connaissaient beaucoup plus sur celle-ci que je le pensais. Ces personnes ne connaissaient pas les fins détails de mon travail mais ils en connaissaient assez pour apprécier l’impact de leurs décisions sur mon travail.

Il en est de même pour ceux et celles qui ont imposé le log électronique. Ils savent très bien qu’ils se sont fait fourrer à tour de bras pendant de nombreuses années. Ils savent également qu’une simple tape sur les doigts n’aurait servi à rien alors ils ont dû se résigner à utiliser un gros bâton pour ramener tout le monde dans le droit chemin. Encore une fois, une minorité de chauffeur a réussi à pénaliser l’ensemble des camionneurs. Curieusement, ce sont ces mêmes chauffeurs qui crient au loup, prétextant une atteinte à leur liberté !

What goes around comes around comme ils disent en latin !

L’art de tirer dans le fond de ta chaloupe (ou de ta remorque) !

Partout dans le monde, des personnes ou des groupes sont en désaccord avec ce qui se passe autour d’eux. Dans bien des cas, il ne se passe rien pantoute. Ça chiale dans les chaumières, autour de la machine à café pis sur quelques pages sur les médias sociaux. On traite tout le monde de caves mais on reste assis sur son gros cul. Pis c’est correct comme ça. Faut savoir choisir ses guerres après tout !

Dans d’autres cas, la “cause” est trop grande pour la laisser passer sans faire quelque chose. On se crinque, la pression monte pis on veut tout casser ! Faut qu’on fasse quelque chose pis ça presse !!!

Pis c’est là que ça chie car bien souvent, une p’tite gang s’emballe sur les médias sociaux, pense avoir tout ce qu’il faut pour faire valoir ses points concernant la “cause” pis commence à s’écarquiller d’un bord pis de l’autre sans avoir vraiment une planification de gestion de crise. On est en crisse donc on peut faire ce qu’on veut pis ça va marcher right ?

Dans un monde idéal, oui, ça pourrait marcher pis ça pourrait être écoeurant comme impact pis on pourrait obtenir tout ce que l’on veut et même plus. Avec nos lunettes roses pis notre pendentif de licorne, ça marcherait en crisse pis tout le monde se mettrait à genou devant nous pis l’affaire serait ketchup !

Malheureusement, nous ne vivons pas dans un monde idéal pis il faut savoir se préparer adéquatement pour faire passer notre message et ne pas avoir l’air d’une bande de ti-clins.

Je sais que ça peut paraitre contre-productif mais pour une heure de manif, il va falloir INVESTIR des centaines d’heures de PRÉPARATION. Des centaines d’heures, t’es malade el gros ?!?!?

Ben non je ne suis pas malade. Je suis réaliste. Dans le monde actuel, ce n’est pas tant ta manif qui va éventuellement faire bouger les choses mais bien les centaines d’heures que tu vas passer à préparer ton IMAGE DE MARQUE, à préparer tes COMMUNIQUÉS DE PRESSE, à planifier l’HORAIRE DES COMMUNICATIONS avec les différents médias, à MONTER TA STRATEGIE d’actions, à INVENTORIER ET RECUEILLIR DES APPUIS à ta cause, à CRÉER DES COMITÉS d’action et bien d’autres choses qui doivent être effectuées avant que la populace apprenne qu’est-ce qui nous tape sur les nerfs et ce qu’on entend faire pour parvenir à nos fins.

Dans ce type d’actions, il faut être en contrôle de tout avant, pendant et après la manif et les revendications. Il faut contrôler le message, l’image, la manif elle-même et tout ce qui l’entoure !

Pensez-vous vraiment que le printemps érable aurait eu autant de “succès” si tout ça n’avait pas été préparé à l’avance dans les bureaux des syndicats qui soutenaient les étudiants ? Pensez-vous vraiment que toutes les causes que l’on retrouve avec des centaines ou des milliers de pancartes dans la rue sont le fruit d’une rencontre dans un Tim Horton pis go on y va ?

La manif, ce n’est que la pointe de l’iceberg ! C’est loin d’être l’iceberg tout entier !!!

À partir de maintenant, la côte va être doublement difficile à remonter car on passe tous pour une bande de ti-clins qui ne veulent pas avoir du soleil dans face pis qui se demande à quoi ça sert de l’huile dans les hubs ! On a une crisse de côte à remonter !

Vous voulez que les choses bougent et qu’on vous reconnaisse comme des professionnels ? Ben va falloir que vous agissiez en professionnels sinon vous allez encore chiquer de la guenille dans 10 ans ! Ça peut aussi vouloir dire que vous devrez regarder à l’extérieur de vos rangs si vous ne trouvez pas toutes les compétences recherchées à l’interne. C’est ben plate mais c’est comme ça que ça marche en 2016. Êtes-vous prêt ?

Le point de vue de ma blonde

Cela fait un peu plus de 2 ans que je suis camionneur. J’ai eu la chance de trimballer ma carcasse un peu partout en Amérique du Nord et dans le grand Nord. Je suis privilégié car à date, j’ai travaillé pour des compagnies qui se sont bien occupé de moi.

Malheureusement, ce métier nous amène loin de la maison pendant de longues période et ma blonde trippe un peu moins quand je pars pour 2-3 semaines en ligne. Ce qui est tout à fait normal car on a choisi de fonder une famille ensemble parce qu’on est bien ensemble donc veut, veut pas, être loin l’un de l’autre, ça fini par être difficile à vivre.

Il y a 2-3 mois, ma blonde m’a donc demandé de venir avec moi sur la route. J’étais très emballé à cette possibilité et c’est avec joie que j’ai accepté. Nos premières sorties on été de courtes durées. Je ne voulais pas l’écoeurer du premier coup alors à chaque fois que mon travail m’amenait dans ma région, je l’embarquais avec moi. Un après-midi, une journée complète, 2-3 jours dans les Maritimes. Juste assez pour voir si ça lui convenait et si elle avait le goût d’en prendre plus.

Il y a deux semaines, elle a donc eu la chance de faire une vraie run ! En une dizaine de jours, on a fait un peu de local à Laval pendant l’heure de pointe, un p’tit tour à Pohénégamook avant d’embrayer ça pour une livraison en Ontario avant de partir du côté du Nebraska. Perso, le Nebraska pour moi c’est un peu proche mais bon comme première longue sortie, c’était parfait !

Je vous fait part ici de ses premières impressions en publiant un de ses status facebook.

Un petit update avant de traverser vers nos voisins du Sud. Je n’aurai plus de data aux États alors je ne pourrai venir sur internet que lorsque j’aurai du wifi.

C’est en vivant cette expérience qu’on a une admiration pour les hommes et femmes qui ont choisi ce travail. On se rend compte qu’on prend plein de choses pour acquis comme :

-l’accès à une toilette quand on en a besoin
-l’accès à une douche
-un bon repas sur une vraie table en compagnie de la famille
-le silence (c’est dur d’entendre le vrombissement du moteur 24/24h)
-de l’espace suffisant pour ranger vêtements et objets essentiels
-un grand lit queen
-accès facile à des stationnements (un camionneur ne peut pas avoir accès à tous les commerces qu’il voit sur sa route. Plus souvent qu’autrement, il n’y a pas accès faute d’espace suffisant pour manoeuvrer et se stationner)
-le temps (toutes les livraisons pressent…il faut qu’elles soient rendues pour hier)
-et j’en passe…

Alors, quand vous verrez un camionneur sur la route, donnez-lui un p’tit break:
-laissez lui de l’espace pour manœuvrer ses virages (il n’est pas au volant d’une Fiat)
-comprenez que si vous le coupez, il a besoin de plus long pour freiner. Son camion et sa pesante charge l’empêche de pouvoir s’immobiliser comme les automobilistes que vous êtes.

C’est pas grand chose mais, s’il y avait plus de courtoisie et de compréhension sur la route, ça serait plus agréable et plus sécuritaire pour tout le monde.

Dites-vous que le camionneur aussi a une famille qu’il aimerait revoir et serrer dans ses bras!!

Bon, désolé pour le “sermon” mais voilà ce que j’ai appris dans les premiers jours de ma “run” avec Jean-Pierre et c’est pas fini!!

Les camionneurs, c’est des passionnés de la route qui sacrifient bien des commodités pour trimbaler toutes nos bébelles! Ils méritent plus de respect!

À bientôt la gang!!

T’as beau être la femme d’un trucker, entendre parler de notre réalité et la vivre, c’est deux choses complètement différentes. Je suis bien heureux d’avoir la chance de partager ces moments en sa compagnie.

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À notre retour, voici ce qu’elle a publié sur son mur facebook:

De retour à la maison depuis hier soir. JP devait passer dans l’coin pour aller livrer son acier à St-Gédéon de Beauce. J’ai décidé de rester à la maison jusqu’à ce que je répète l’expérience.

Ce que j’ai appris?

-Qu’il y a de belles choses à voir partout.

-Qu’il ne faut pas craindre l’étranger. J’ai rencontré plein de gens super gentils partout.

-Qu’il faut se concentrer sur l’essentiel dans la vie et, quelques fois, il est bon d’aller vivre un bout de temps avec moins de luxe et de cossins de toutes sortes pour pouvoir mieux identifier QU’EST-CE qui est essentiel!

-Que les camionneurs méritent notre respect BIG TIME!!!

-Que j’adore mon mari et que j’ai bien l’intention de continuer à le gâter avec mes p’tits plats cuisinés. C’est une petite douceur quotidienne que de pouvoir goûter “chez-nous” sur la route!

-Que je suis une fan des éoliennes! LOL! En regardant les photos que j’ai prises lors de mon voyage, je me suis rendue compte que c’est pas mal les seules photos que j’ai! C’est certain que, vu qu’on ne fait QUE de l’autoroute, on voit la végétation, les champs de culture, les éoliennes…mais pas grand chose d’autre.

-Que de se promener au Michigan en camion est un sport extrême!!! Les routes sont TELLEMENT détériorées qu’on devrait se mettre un protecteur cervical avant d’emprunter leurs routes…LOL

-ETC…

Il y a un proverbe qui dit qu’une personne ne peut pas savoir ce que l’on vit si elle n’a pas marché 10 miles dans nos souliers. Avec tout ce qui se passe dans le camionnage en ce moment, faudrait peut-être embarquer un “décideur” avec nous pour quelques jours afin qu’il voit comment ça se passe dans notre quotidien.

Je crois fermement que le meilleur moyen de faire passer notre message est d’asseoir un décideur dans le siège à droite et lui faire faire une run avec nous. Quand ça va faire 4-5 heures qu’il a envie de pisser dans ses shorts pis que tout ce que vous avez à lui proposer c’est de pisser dans une bouteille parce que y’a pas de toilettes de disponibles, peut-être ça devrait déclencher un début de réflexion.

Quand vous lui proposerez de coucher dans une bretelle d’autoroute parce qu’il n’y a aucune place pour stationner votre truck sécuritairement à 100 km à la ronde pis que vous n’avez plus d’heures pour rouler, peut-être que ça devrait déclencher un début de réflexion.

Quand ça fera 3 jours qu’il n’aura pas pris de douche parce que y’a de moins en moins de truck stops et que ceux qui restent n’offrent pas toujours de commodités propres et attrayantes, peut-être que ça devrait déclencher un début de réflexion.

En attendant, c’est avec beaucoup de plaisir que je vais accueillir ma blonde auprès de moi dans mon camion lors d’une prochaine run !

Voter en se pinçant le nez ?

M’semble que des fois, j’aimerais ça voter comme « dans le temps. » Ton père et ton grand-père était rouge, ben tu votais rouge toi aussi pis l’affaire était ketchup. Malheureusement, mon père et mon grand-père, bien qu’ils aient quitté ce monde un peu trop tôt à mon goût, m’ont laissé ce goût de la politique qui fait en sorte que je pourrai jamais voter « par alliance. » L’histoire politique de ma famille se situe au niveau scolaire. Pas fédéral, pas provincial, ni même au niveau municipal. Nenon… Au niveau scolaire ! Je sais que dans la chaine alimentaire des politiciens, le scolaire, c’est rien. C’est même moins que rien. Vous en avez suivi beaucoup vous des campagnes électorales pour faire élire quelqu’un au niveau scolaire ? Ben moi non plus ! Car quand mon père et grand –père ont été impliqué dans la politique scolaire, je n’existais même pas. C’est pour vous dire comment ça fait longtemps.

Néanmoins, ce que j’ai compris en écoutant les discussions autour de la table le dimanche midi c’est qu’il faut voter en fonction de ses convictions profondes et non pas parce que la famille a toujours voté du même bord. Ce n’est pas le genre de legs qui vous rend plus riche mais c’est un enseignement qui demeure avec vous le restant de vos jours et qui dicte votre conduite à chaque élection. À date, dans la grande majorité des cas, je n’ai pas éprouvé trop de difficultés à voter en fonctions de mes convictions. Cependant, à quelques rares occasions, il m’est arrivé de me retrouver devant une impossibilité de voter selon celles-ci. En fait, ce n’est pas vrai ! J’avais plutôt la profonde conviction que je ne pouvais voter pour aucun des candidats qui se trouvaient sur mon bulletin de vote ! O_o

Car pour moi, au-delà de voter pour la « bonne couleur, » il faut également voter pour le candidat local car ultimement, c’est ce candidat qui vous représentera à l’hôtel de ville, à l’assemblée nationale ou à la chambre des communes. Mais quoi faire quand le candidat du parti pour lequel vous voulez voter est nul à chier ? Vous avez le goût vous de vous faire représenter par un ti-clin ? Ben pas moi en tout cas… J’ai donc dû, à quelques rares occasions, annuler mon vote car les candidats qu’on me proposait ne m’inspiraient pas confiance. Ça m’écœure d’annuler mon vote car bien que je fasse part de mon malaise vis-à-vis les choix qu’on me propose dans le cadre de ce processus démocratique, mon vote n’avantage personne et je risque de me ramasser avec une égalité de vote dans ma circonscription. Chaque vote compte et j’arrive difficilement à me justifier à moi-même un telle démarche. Mais en même temps, je ne pourrais demeurer à la maison et ne pas aller voter même si dans les faits, le résultat de ma démarche est le même.

En date d’aujourd’hui, il y a 6 candidats d’officiellement inscrit dans ma circonscription :

PQ : Noëlla Champagne
Libéral : Pierre-Michel Auger
CAQ : Andrew D’Amour
QS : Lucie Favreau
ON : Nicolas Lavigne-Lefebvre
PC : Tomy Lachapelle

À cause de mon orientation politique, jamais je ne voterai pour PQ, QS et ON. Il me reste donc le parti Libéral, la CAQ et le parti conservateur. Le candidat libéral est un ancien adéquiste défroqué qui a passé 2 ans à l’assemblée nationale en 2007-2008 alors que les candidats caquistes et conservateurs me sont totalement inconnus. Par contre, en consultant le site web des candidats, le jeune caquiste semble quand même posséder un background d’entrepreneur intéressant alors que le conservateur est un vétéran de la guerre en Afghanistan.

Au point de vue idéologie pure et dure, le parti conservateur est ce qui se rapproche le plus de moi. Cependant, on connait peu ce parti au provincial et je n’arrive pas à faire confiance à leur chef M. Pouliot. Peut-être s’agit-il d’une simple histoire de perception mais pour moi, il m’est difficile d’envisager un vote pour ce parti à ce moment-ci. Dans le cas des libéraux, leur lourd passé récent à la tête de la province me laisse incrédule. De plus, j’ai toujours éprouvé de la difficulté à suivre un candidat qui traverse d’un bord à l’autre de la chambre au fil des élections. L’opportunisme, c’est une chose. L’opportunisme en politique, c’est une autre histoire et malheureusement, je suis très peu tolérant dans de telles circonstances. Il me reste donc le jeune caquiste sur ma « short list. » Il m’a l’air terriblement jeune et sans expérience politique et son chef me laisse un peu songeur quand je le regarde aller alors je ne sais pas, je ne sais plus pour qui voter… Je me pince le nez et je vote contre le PQ pour lui barrer le chemin ou je vote selon mes convictions et je risque le retour d’un gouvernement minoritaire rouge ou bleu ?


J’ai débuté l’écriture de ce billet la semaine dernière. Par manque de temps et un peu aussi par manque d’intérêt, je n’ai pas poursuivi ma réflexion par écrit. C’est tellement plate cette mozus de campagne-là… On dirait une batailles d’adolescentes pâmées. Ça se tire les cheveux, ça se crie des noms, ça se lance des poignées de bouette mais personne parle des vraies de vraies affaires… Enfin presque… Curieusement, c’est une discussion sur facebook avec ma nièce qui m’a finalement enligné dans la bonne direction. Ma direction on s’entend. Vous voterez ben dans le sens que vous voudrez. Je disais donc à ma nièce, qui soulevait la possibilité de se lancer un jour en politique, que je préférais les erreurs des jeunes qui veulent changer le monde plutôt que le gossage des vieux crosseurs. En lui écrivant ça sur facebook, j’avais en tête la bette de la député néo-démocrate de Berthier-Maskinongé, jadis barmaid devenu député sans même que son électorat ait la chance de la voir ni l’entendre une fois avant les élections. Par une foutue série d’événements extraordinaires découlant de la vague orange surfée par le bon vieux Jack Layton, Ruth-Ellen Brosseau est devenue députée. Disons que comme cheminement de carrière, c’est peu banal mais ce qui l »est encore plus, bien que je sois à 180 degrés des orientations de son parti, c’est que Mme Brosseau a su relever le défi d’une magistrale façon. Pis vous savez quoi ? Je ne serais pas surpris qu’elle se fasse élire de nouveau aux prochaines élections à cause de ça !

C’est donc pour ça que j’ai décidé de donner une chance au jeune D’Amour lorsque je suis allé voter par anticipation hier matin. Dans un premier temps, parce que j’ai des affinités idéologiques avec son parti. Je ne suis pas un grand fan de son chef mais c’est quand même le moins pire des trois chefs des principaux partis. Je me dit également que si le jeune a la chance de se bâtir un peu d’expérience dans l’opposition, ça lui donnera une meilleure vision de la chose politique si jamais il décide de poursuivre l’aventure lors des prochaines élections. En attendant, il devra apprendre à gérer un bureau de comté, des électeurs pas toujours contents et il découvrira ce que lui réserve la vie parlementaire.

Est-ce qu’il a une chance de passer ? Honnêtement, je ne crois malheureusement pas. Il faudrait un raz de marée à la Jack Layton pour que ça arrive et en ce moment, ce n’est pas ce que prédisent les astres. Mais d’un autre côté, on n’avait pas vu venir Jack aussi fort alors qui suis-je pour dire que c’est impossible ? J’espère à tout le moins qu’il récoltera suffisamment de voix pour qu’il comprenne que le comté aura besoin d’un jeune comme lui dans l’avenir et de ne pas abandonner la politique car l’avenir, c’est au jeune qu’il appartient. Pas aux vieux crosseurs.

Jour du souvenir – Rememberance day

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En ce 11 novembre, prenons une pause à la 11e minute de la 11e heure pour se souvenir de nos frères et nos soeurs, nos père et nos mères qui ont fait le sacrifice ultime pour nous permettre de vivre notre vie comme nous la vivons en ce moment.

N’oublions jamais…

On November 11th, at the 11th minute of the 11th hour, let’s pause to remember our brothers and sisters, our fathers and mothers who made ??the ultimate sacrifice for us so we can live our lives as we live it now.

Lest we forget…

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Va donc chier calisse !!!

Quand j’étais ti-cul, mon père m’a enseigné qu’il était important de respecter les conventions que les grands ont fixées. On dit “bonjour” quand on rencontre quelqu’un, on dit merci lorsque quelqu’un nous donne quelque chose, on enlève nos souliers quand on entre chez quelqu’un.

Plus tard, quand j’ai eu mon premier vélo, il m’a dit d’être très prudent car il était possible que des automobilistes ne me voit pas quand je promène sur mon vélo mustang avec son siège banane beige. Y paraît que les jeunes à vélo dans les années 70, c’était pas ben grave quand on en écrasait un de temps en temps. Les familles étaient plus grosses à l’époque alors j’imagine qu’ils pouvaient se permettre d’en perdre un ou deux.

Pendant mon adolescence, nous sommes déménagé de la campagne à la ville. Pas une grosse ville mais une ville quand même. Une ville où semble-t-il on faisait moins d’enfants qu’à la campagne car à cet endroit, les policiers municipaux – ben oui ça existait dans les petites villes à l’époque – prenaient le temps de discuter avec les jeunes qui circulaient à vélo et surtout, ils leur prodiguaient des conseils de sécurité afin que les enfants reviennent en vie à la maison !

Dans cette ville où l’on semblait faire moins d’enfants qu’à la campagne, on a même poussé l’ironie jusqu’à mettre en place la première piste cyclable de la région. Le maire de l’époque, qui avait pourtant deux enfants comme toutes les familles de mon ancien village, trouvait important que les vélos circulent en sécurité. Il avait axé une bonne partie de la publicité concernant cette nouvelle piste cyclable sur les règles de sécurité que devaient respecter les automobilistes lorsqu’ils sortaient de leur cour. Un accident est si vite arrivé.

J’ai fréquenté la polyvalente de cette ville et pendant des années, j’ai traversé la ville de part en part pour aller à l’école à vélo. Rendu en secondaire 5, mon groupe d’éducation physique a organisé une randonné de près d’une semaine qui nous a amené de Montréal à Burlington, VT, à Plattsburgh, NY, à St-Jean-sur-Richelieu, à Berthierville et finalement à notre alma matter.

Une fois rendu au CÉGEP, c’est une quinzaine de kilomètres que je devais parcourir pour me rendre de la maison jusqu’à l’école. Soir et matin, dans la circulation, en traversant deux ponts, en montant et descendant de bonne côtes dont une était traversé par une voie ferrée tout en bas de celle-ci. Plus tard, à l’université, c’est encore une fois à vélo que j’ai découvert ma nouvelle ville euhhh que dis-je ? Cette capitale nationale.

Entre temps, à 16 ans, j’avais réussi à obtenir mon permis de conduire et mon père, avant de me remettre les clés de notre superbe Ford Fairmont, m’avait encore une fois prodigué quelques conseils. En gros, ça disait, le char, c’est mon char, pas le tien alors ramène-le dans le même  état que tu l’as pris. Le char, y marche pas à  l’eau faque si tu prends du gaz, té mieux d’en remettre dedans. Si jamais tu te pètes la gueule, fais-toi en pas pour la tôle, c’est juste de la tôle. Ça ce répare. Toé par contre, on pourra pas te remplacer faque arrange-toé dont pour revenir en vie à toutes les fois que tu prends le char.

Il avait aussi pris la peine de me raconter quelques histoires familiales qui ne se terminaient pas toujours bien. Genre un grand-père ben chaud qui avait frappé et tué un gamin sur le bord d’une route. Il avait pris soin, consciemment ou non, de bien peser chaque mot pour que je comprenne bien toute la souffrance que cela avait infligé au grand-père et surtout à la famille de cet innocent gamin qui s’était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment…

Tout au long de mes 31 années de conduite automobile, j’ai fait un effort conscient de toujours protéger au meilleur de mes capacités la vie d’autrui, principalement si cette vie déambule à pied ou à vélo sur le bord d’une route. Et même si à chaque semaine je sacre après les cyclistes qui roulent en sens contraire de la circulation et qu’on aperçoit qu’à la dernière minute, je m’efforce de demeurer calme et de ne pas les transformer en trophé de chasse.

Étant un grand naïf de 47 ans, j’aime pensé que mes concitoyens et mes concitoyennes pensent et agissent comme moi. Après tout, ce n’est que le gros bon sens non ?

Et bien il semblerait que non. Je ne veux pas généraliser mais le gentil monsieur que j’ai eu le plaisir de croiser ce soir en aller faire ma ride de vélo avait ma sécurité enfoncée bien profondément dans le cul. Rien de moins !

Je venais de monter une bonne p’tite côte et je roulais à environ la moitié de ma vitesse de croisière normale quand à moins de 4 mètres de moi est apparu le derrière et ensuite le côté d’une superbe Ford Econoline. Euhhhh !!! La mention à deux reprises de la marque Ford est purement anecdotique. Ça adonne de même quoi… O_o

Je disais donc que le toton a décidé de reculer dans la rue sans regarder s’il y avait des véhicules qui circulaient à proximité. Pour ceux qui seraient portés à  dire que j’étais peu visible sur mon vélo, j’aimerais vous mentionner que je roule en vélo de montagne possédant des pneus de 29 pouces de diamètre. Quand je suis assis en position normale sur mon vélo, mes épaules se retrouvent au-dessus du toit de ma Kia Forte. Je dépasse donc les autos, quand il y en a autour de moi, d’au moins une tête. De plus, j’étais seul de ce côté de la rue. Il n’y avait aucune auto de stationnée en bordure du trottoir, ni d’auto devant ou derrière moi. J’étais seul et j’étais habillé avec un maillot de vélo de couleurs vives.

Il m’a donc royalement coupé et n’eut été des freins d’excellente qualité qui équipent mon vélo, j’aurais facilement percuté son camion. Disons que ça femme, qui l’accompagnait dans le camion, a fait le saut quand elle m’a vue aussi proche du camion ! J’ai alors fait un “What the fuck” gestuel à mon champion qui ne l’a pas pris. Il a alors baissé sa vitre pour me demandé c’était quoi mon problème. Je lui ai alors dit que ce serait une bonne idée de regarder de chaque côté du camion avant de reculer et c’est là que j’ai eu l’honneur d’un “Va donc chier calisse !!!” bien senti. On s’est bien sûr échangé quelques autres politesses avant de se laisser et j’ai même eu le droit à un superbe start de sa part !!! Heureusement qu’il partait de l’autre côté sinon il en aurait certainement profité pour me passer dessus…

L’an passé, je me suis acheté un vélo de route. J’ai roulé moins de 300 km avec car je n’ai pas aimé la sensation d’une auto qui passe tellement près de moi que j’aurais pu lui toucher. Je n’ai pas aimé rouler dans des rangs où l’entièreté de la route était libre et pourtant, on trouvait le moyen de me frôler plus souvent qu’autrement.

J’ai donc vendu mon vélo de route pour m’acheter un vélo de montagne. Demeurant à environ 3 km d’un réseau de sentiers où j’adore me promener, je me disais qu’il ne pourrait pas m’arriver grand chose. Après tout, je roule à peine 10 minutes dans les rues de ma ville pour me rendre aux sentiers. Mais malheureusement, dans une ville ou les policiers ne font aucun effort de conscientisation auprès des automobilistes et des cyclistes, j’imagine que c’est normale que de telles choses arrivent.

J’ai beau appeler au poste de police pour me plaindre, on me répond constamment qu’on ne peut rien faire, qu’il s’agit d’un cas isolé… Je trouve que j’en rencontre souvent des cas isolés moi !!! Bientôt, je vais avoir une caméra qui va rouler en permanence dans mon auto. J’ai bien l’intention de faire des “best of” hebdomadaires. Pis la prochaine fois que je vais me plaindre, c’est en personne au poste de police que je vais me présenter afin de leur remettre ma compilation sur DVD. Ça va peut-être faire bouger les choses. En tout cas, ça va être difficile de dire que c’est un cas isolé…

En attendant, j’espère que mon gros colon va réaliser que si j’avais été en auto au lieu d’à vélo, sa femme serait fort probablement aux soins intensifs avec, à tout le moins, de graves blessures aux jambes. Qui sait, il serait peut-être en train de l’identifier à la morgue en ce moment. Peut-être que ça le fera réfléchir un peu avant de sortir de reculons de sa cour la prochaine fois…

Don’t fuck with the english schools yo !!!

Hier soir, je regarde tranquillement défiler les messages sur ma page facebook quand un lien présenté par mon ami gauchiste Marco attire mon attention. Marco et moi, on s’est connu au bureau. Il a fait parti du premier groupe d’employés que j’ai formé au bureau. Malgré ses airs non conventionnels, c’est un bon gars. Un crisse de bon gars même. Tellement un bon gars que quand j’ai fait passer le nombre de mes amis facebook de plus de 200 à 34, il est demeuré dans ma short list ! Son seul vrai défaut: il porte à gauche. Mais bon… J’me dis qu’il est encore jeune et qu’éventuellement, quand il va avoir plus de responsabilité dans la vie, il va en venir à réaliser que le socialisme, cé d’la marde. En attendant ben je l’endure quand il pique des p’tites crises d’adolescents pis qu’il capote quand on traite les carrés rouges d’enfants gâtés. J’t’aime pareil big !!!

Je disais donc qu’un lien que Marco a présenté a attiré mon attention. Il s’agit d’un billet de Jackie San sur le blog L’axe du Mad. Son billet s’intitule Vivre et let vivre. Belle plume, bon discours, des idées qui se tienne, son texte fait réfléchir.

Première citation de Jackie:

I also learned English because, well… the whole fucking world speaks it (!) and I didn’t want to look like « Huh? » on trips to Old Orchard Beach. And let’s face it. What’s better than a good movie in its original version?

Pas une méchante raison d’apprendre l’anglais mais au-delà de tout ça, bravo pour l’effort et surtout pour l’énorme compétence que tu as ajouté à ton coffre à outils. Désormais et surtout si le PQ réussi à faire passer sa Loi 101 “new and improved” tu possèdes un avantage concurrentiel indéniable sur le marché du travail. Avec tout près de 300 000 000 (oui oui, c’est trois cent millions qui est écrit là) de citoyens anglophones qui habitent sur le même continent que toi, ta capacité à pouvoir les comprendre et leur parler te place dans une catégorie d’employés hautement intéressants pour tes futurs employeurs. Même si tes ambitions ne dépassent pas le comptoir du resto La poutine à Ti-Oui, sache que ce mets typiquement québécois attire son lot de touriste anglo-saxons alors aussi bien être en mesure de leur faire la conversation et qui sait, peut-être bonifier ton pourboire !

Deuxième citation:

Nous vivons dans un état français entouré de puissances anglophones. C’est normal de vouloir protéger ses acquis, ses fondements. C’est normal de vouloir protéger sa langue.

Je suis 110% d’accord avec ça. Je suis un francophone de souche et je le demeurerai jusqu’à ma mort. J’adore ma langue maternelle plus que tout au monde et j’ai à coeur sa protection. Mais jamais je ne cautionnerai la pseudo enrichissement de ma langue maternelle au dépend d’autres langues qui sont primordiales pour la survie de mes enfants. Comment peut-on penser une seule minute que nous allons former une nation avec des citoyens qui ne comprenne ni d’Ève ni d’Adam ce que les 300 autres millions d’habitants de l’Amérique du Nord leur disent.

Fade to black et retour en arrière d’une soixantaine d’année. Peut-être même 70 mettons… Ben vit dans un quartier ouvrier de Trois-Rivières, juste à côté du port. Là-bas, y’a deux catégories d’employés. Les boss, qui parlent anglais, pis les autres, ceux qui ne parlent pas anglais. Qui est-ce qui ramasse les grosses paies la fin de la semaine ? Pas ceux qui parlent français… Ben, parle pas anglais pis son père non plus ! Fast forward une bonne dizaine d’année. Ben est allé un peu à l’école pis il réussi à se trouver une bonne job pour une grosse compagnie forestière. Ben voyage un peu partout au Québec pour la compagnie. Il va même travailler un bon moment à Terre-Neuve !!! Ben parle toujours pas un crisse de mot d’anglais alors quand vient le temps de faire sauter des jobs, qui est-ce qui se ramasse sur le chômage ? Pas les anglais !

Quelques années plus tard, Ben a rencontré la femme de sa vie pis ils ont eu des enfants. De beaux enfants intelligents. Intelligents comme leurs parents. Cette fois-ci, Ben y voit clair pis y pense son affaire. Il n’a vraiment pas le goût que ses enfants soient à la merci d’employeurs qu’ils ne comprendront même pas et qui leurs dicteront quoi faire. À l’époque, la loi 101 n’existe pas alors ben inscrit ses enfants à l’école anglaise de la p’tite ville minière où il travaille maintenant. Sa motivation du temps. Que ses enfants soient capable de comprendre leur boss et d’être capable de l’envoyer chier si c’est nécessaire, chose que lui même n’a jamais pu faire quand ses patrons ont abusé de leur pouvoir sur lui. Le gars de Ben va étudier du primaire jusqu’à l’université en anglais. Il réorientera ensuite sa carrière dans l’hôtellerie et il accueillera des milliers de visiteurs dans son hôtel de l’Abitibi. En plein milieu de la forêt laurentienne, le gars de Ben utilisera ses compétences dans la langue de Shakespeare pour gagner sa croûte et promouvoir la culture québécoise aux méchants Amarequins qui viendront y laisser des milliers de dollars annuellement.

La fille de Ben, de son côté, une fois ses études collégiales terminées, se décrochera une job de fonctionnaire. Parmi les critère d’embauche: connaissance écrite et parlée de la langue anglaise. Eh ben… Après quelques années, elle fondera une famille et décidera de demeurer à la maison pour y élever ses enfants. Suite au passage de la loi 101, elle et son frère possèdent maintenant une exemption du ministère de l’éducation leur permettant d’envoyer leurs enfants et leurs petits enfants à l’école anglaise. Privilège qu’elle se servira pour envoyer ses propres enfants à l’école anglaise. Une fois ceux-ci rendus plus vieux, elle retournera à l’école pour décrocher un diplôme lui permettant de réintégrer le marcher du travail dans un domaine qui lui plaît. Dans une classe d’une quinzaine d’élèves, elle sera la seule à avoir fréquenté l’école anglaise et pourtant, c’est elle qui décrochera les honneurs en français à la fin de ses études. Pas pire pareil pour une fille qui a passé la grande majorité de son éducation à l’école anglaise !

Les enfants à la fille de Ben, ce sont aussi mes enfants. J’ai pas choisi ma blonde parce qu’elle avait son papier pour envoyer nos enfants à l’école anglaise mais à chaque matin je remercie le ciel d’avoir eu la chance de donner cette opportunité là à nos enfants. Avec notre départ annoncé du Québec qui surviendra d’ici quelques années, mes enfants n’auront pas à vivre le stress d’apprendre une langue qui leur est inconnue. Ils la maîtrisent déjà entièrement. Je ne prétend pas qu’ils ne subiront pas de stress lors de notre départ mais au moins, celui-là ne fera pas partie de leur soucis. C’est déjà un gros poids de moins sur les épaules.

Être égoïste, j’aurais fermé ma gueule et j’aurais pas dit un mot. Après tout, je serais bien fou de vouloir faire profiter mes concitoyens d’un avantage que moi et ma famille possédons. Right ? Non man… C’est pas comme ça que ça marche dans une société qui veux pouvoir tirer le meilleur d’une situation dans un marché mondial de plus en plus compétitif. En fermant ma gueule, c’est comme si je reniais les efforts de Ben, de Jacques qui a envoyé son gars apprendre l’anglais en Ontario alors que ses finances familiales étaient chancelantes et que ça aurait été plus simple si son gars était resté à la maison, de Gaston, de Suzanne et de tous les parents du Québec qui ont fait des efforts pour permettre à leurs enfants de construire un Québec et un Canada meilleur. C’est comme dire à nos enfants que leur avenir, c’est pas si important que ça finalement…

C’est pas comme ça que ça marche man… Non seulement nos enfants devraient apprendre le français et l’anglais à l’école mais ils devraient aussi apprendre l’espagnol. Ou le mandarin. Car c’est pas vrai que tout le monde parle anglais. Y’en a un bon paquet autour de nous mais si vous sortez de l’Amérique, y’a de bonne chance que ni le français ni l’anglais ne soient d’aucune utilité pour vous aider à trouver de quoi manger ou un coin pour dormir en sécurité. Pour mon fils qui s’établira fort probablement au Japon au cours des prochaines années, sa connaissance de la langue anglaise ne lui est d’aucune utilité au pays du soleil levant. S’il veut arriver à faire quelque chose de constructif là-bas, il n’a d’autre choix que d’apprendre le japonais.

Au lieu de se recroqueviller sur nous-même, il faudrait plutôt s’ouvrir sur le monde en donnant la chance à nos enfants d’apprendre d’autres langues. Prenez exemples sur la Suisse, ce pays multilingue où les enfants apprennent en très bas âge deux et même trois langues sans pour autant perdre leur identité culturelle. Si vous connaissez quelqu’un qui a séjourné un bon moment en Suisse, demandez-leur si les citoyens Suisse vivant dans les différentes région de ce merveilleux pays ont perdu leur identité parce qu’ils parlent la langue de leur voisin ? Et voilà… C’est bien ce que je pensais.

L’avenir du Québec arrive à toute vitesse au carrefour de sa destiné. Prenons le temps de freiner et d’étudier les avenues qui se présentent à nous. Cessons de vouloir tout régler d’un coup de tête et de nous refermer sur nous-mêmes. Pensons à notre avenir et surtout, à l’avenir de nos enfants. Permettons-leur d’apprendre d’autres langues que le français afin qu’ils soient concurrentiels sur le marché de l’emploi de demain et qu’ils puissent faire rayonner le savoir-faire québécois de par le monde. Cessons de chiquer de la guenille sur ce qu’aurait pu être le Québec au temps de René Lévesque. Le folklore c’est bien beau mais il faut maintenant regarder vers l’avenir sans oublier ce qui nous amené jusqu’ici…