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L’art de tirer dans le fond de ta chaloupe (ou de ta remorque) !

Partout dans le monde, des personnes ou des groupes sont en désaccord avec ce qui se passe autour d’eux. Dans bien des cas, il ne se passe rien pantoute. Ça chiale dans les chaumières, autour de la machine à café pis sur quelques pages sur les médias sociaux. On traite tout le monde de caves mais on reste assis sur son gros cul. Pis c’est correct comme ça. Faut savoir choisir ses guerres après tout !

Dans d’autres cas, la “cause” est trop grande pour la laisser passer sans faire quelque chose. On se crinque, la pression monte pis on veut tout casser ! Faut qu’on fasse quelque chose pis ça presse !!!

Pis c’est là que ça chie car bien souvent, une p’tite gang s’emballe sur les médias sociaux, pense avoir tout ce qu’il faut pour faire valoir ses points concernant la “cause” pis commence à s’écarquiller d’un bord pis de l’autre sans avoir vraiment une planification de gestion de crise. On est en crisse donc on peut faire ce qu’on veut pis ça va marcher right ?

Dans un monde idéal, oui, ça pourrait marcher pis ça pourrait être écoeurant comme impact pis on pourrait obtenir tout ce que l’on veut et même plus. Avec nos lunettes roses pis notre pendentif de licorne, ça marcherait en crisse pis tout le monde se mettrait à genou devant nous pis l’affaire serait ketchup !

Malheureusement, nous ne vivons pas dans un monde idéal pis il faut savoir se préparer adéquatement pour faire passer notre message et ne pas avoir l’air d’une bande de ti-clins.

Je sais que ça peut paraitre contre-productif mais pour une heure de manif, il va falloir INVESTIR des centaines d’heures de PRÉPARATION. Des centaines d’heures, t’es malade el gros ?!?!?

Ben non je ne suis pas malade. Je suis réaliste. Dans le monde actuel, ce n’est pas tant ta manif qui va éventuellement faire bouger les choses mais bien les centaines d’heures que tu vas passer à préparer ton IMAGE DE MARQUE, à préparer tes COMMUNIQUÉS DE PRESSE, à planifier l’HORAIRE DES COMMUNICATIONS avec les différents médias, à MONTER TA STRATEGIE d’actions, à INVENTORIER ET RECUEILLIR DES APPUIS à ta cause, à CRÉER DES COMITÉS d’action et bien d’autres choses qui doivent être effectuées avant que la populace apprenne qu’est-ce qui nous tape sur les nerfs et ce qu’on entend faire pour parvenir à nos fins.

Dans ce type d’actions, il faut être en contrôle de tout avant, pendant et après la manif et les revendications. Il faut contrôler le message, l’image, la manif elle-même et tout ce qui l’entoure !

Pensez-vous vraiment que le printemps érable aurait eu autant de “succès” si tout ça n’avait pas été préparé à l’avance dans les bureaux des syndicats qui soutenaient les étudiants ? Pensez-vous vraiment que toutes les causes que l’on retrouve avec des centaines ou des milliers de pancartes dans la rue sont le fruit d’une rencontre dans un Tim Horton pis go on y va ?

La manif, ce n’est que la pointe de l’iceberg ! C’est loin d’être l’iceberg tout entier !!!

À partir de maintenant, la côte va être doublement difficile à remonter car on passe tous pour une bande de ti-clins qui ne veulent pas avoir du soleil dans face pis qui se demande à quoi ça sert de l’huile dans les hubs ! On a une crisse de côte à remonter !

Vous voulez que les choses bougent et qu’on vous reconnaisse comme des professionnels ? Ben va falloir que vous agissiez en professionnels sinon vous allez encore chiquer de la guenille dans 10 ans ! Ça peut aussi vouloir dire que vous devrez regarder à l’extérieur de vos rangs si vous ne trouvez pas toutes les compétences recherchées à l’interne. C’est ben plate mais c’est comme ça que ça marche en 2016. Êtes-vous prêt ?

Le point de vue de ma blonde

Cela fait un peu plus de 2 ans que je suis camionneur. J’ai eu la chance de trimballer ma carcasse un peu partout en Amérique du Nord et dans le grand Nord. Je suis privilégié car à date, j’ai travaillé pour des compagnies qui se sont bien occupé de moi.

Malheureusement, ce métier nous amène loin de la maison pendant de longues période et ma blonde trippe un peu moins quand je pars pour 2-3 semaines en ligne. Ce qui est tout à fait normal car on a choisi de fonder une famille ensemble parce qu’on est bien ensemble donc veut, veut pas, être loin l’un de l’autre, ça fini par être difficile à vivre.

Il y a 2-3 mois, ma blonde m’a donc demandé de venir avec moi sur la route. J’étais très emballé à cette possibilité et c’est avec joie que j’ai accepté. Nos premières sorties on été de courtes durées. Je ne voulais pas l’écoeurer du premier coup alors à chaque fois que mon travail m’amenait dans ma région, je l’embarquais avec moi. Un après-midi, une journée complète, 2-3 jours dans les Maritimes. Juste assez pour voir si ça lui convenait et si elle avait le goût d’en prendre plus.

Il y a deux semaines, elle a donc eu la chance de faire une vraie run ! En une dizaine de jours, on a fait un peu de local à Laval pendant l’heure de pointe, un p’tit tour à Pohénégamook avant d’embrayer ça pour une livraison en Ontario avant de partir du côté du Nebraska. Perso, le Nebraska pour moi c’est un peu proche mais bon comme première longue sortie, c’était parfait !

Je vous fait part ici de ses premières impressions en publiant un de ses status facebook.

Un petit update avant de traverser vers nos voisins du Sud. Je n’aurai plus de data aux États alors je ne pourrai venir sur internet que lorsque j’aurai du wifi.

C’est en vivant cette expérience qu’on a une admiration pour les hommes et femmes qui ont choisi ce travail. On se rend compte qu’on prend plein de choses pour acquis comme :

-l’accès à une toilette quand on en a besoin
-l’accès à une douche
-un bon repas sur une vraie table en compagnie de la famille
-le silence (c’est dur d’entendre le vrombissement du moteur 24/24h)
-de l’espace suffisant pour ranger vêtements et objets essentiels
-un grand lit queen
-accès facile à des stationnements (un camionneur ne peut pas avoir accès à tous les commerces qu’il voit sur sa route. Plus souvent qu’autrement, il n’y a pas accès faute d’espace suffisant pour manoeuvrer et se stationner)
-le temps (toutes les livraisons pressent…il faut qu’elles soient rendues pour hier)
-et j’en passe…

Alors, quand vous verrez un camionneur sur la route, donnez-lui un p’tit break:
-laissez lui de l’espace pour manœuvrer ses virages (il n’est pas au volant d’une Fiat)
-comprenez que si vous le coupez, il a besoin de plus long pour freiner. Son camion et sa pesante charge l’empêche de pouvoir s’immobiliser comme les automobilistes que vous êtes.

C’est pas grand chose mais, s’il y avait plus de courtoisie et de compréhension sur la route, ça serait plus agréable et plus sécuritaire pour tout le monde.

Dites-vous que le camionneur aussi a une famille qu’il aimerait revoir et serrer dans ses bras!!

Bon, désolé pour le “sermon” mais voilà ce que j’ai appris dans les premiers jours de ma “run” avec Jean-Pierre et c’est pas fini!!

Les camionneurs, c’est des passionnés de la route qui sacrifient bien des commodités pour trimbaler toutes nos bébelles! Ils méritent plus de respect!

À bientôt la gang!!

T’as beau être la femme d’un trucker, entendre parler de notre réalité et la vivre, c’est deux choses complètement différentes. Je suis bien heureux d’avoir la chance de partager ces moments en sa compagnie.

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À notre retour, voici ce qu’elle a publié sur son mur facebook:

De retour à la maison depuis hier soir. JP devait passer dans l’coin pour aller livrer son acier à St-Gédéon de Beauce. J’ai décidé de rester à la maison jusqu’à ce que je répète l’expérience.

Ce que j’ai appris?

-Qu’il y a de belles choses à voir partout.

-Qu’il ne faut pas craindre l’étranger. J’ai rencontré plein de gens super gentils partout.

-Qu’il faut se concentrer sur l’essentiel dans la vie et, quelques fois, il est bon d’aller vivre un bout de temps avec moins de luxe et de cossins de toutes sortes pour pouvoir mieux identifier QU’EST-CE qui est essentiel!

-Que les camionneurs méritent notre respect BIG TIME!!!

-Que j’adore mon mari et que j’ai bien l’intention de continuer à le gâter avec mes p’tits plats cuisinés. C’est une petite douceur quotidienne que de pouvoir goûter “chez-nous” sur la route!

-Que je suis une fan des éoliennes! LOL! En regardant les photos que j’ai prises lors de mon voyage, je me suis rendue compte que c’est pas mal les seules photos que j’ai! C’est certain que, vu qu’on ne fait QUE de l’autoroute, on voit la végétation, les champs de culture, les éoliennes…mais pas grand chose d’autre.

-Que de se promener au Michigan en camion est un sport extrême!!! Les routes sont TELLEMENT détériorées qu’on devrait se mettre un protecteur cervical avant d’emprunter leurs routes…LOL

-ETC…

Il y a un proverbe qui dit qu’une personne ne peut pas savoir ce que l’on vit si elle n’a pas marché 10 miles dans nos souliers. Avec tout ce qui se passe dans le camionnage en ce moment, faudrait peut-être embarquer un “décideur” avec nous pour quelques jours afin qu’il voit comment ça se passe dans notre quotidien.

Je crois fermement que le meilleur moyen de faire passer notre message est d’asseoir un décideur dans le siège à droite et lui faire faire une run avec nous. Quand ça va faire 4-5 heures qu’il a envie de pisser dans ses shorts pis que tout ce que vous avez à lui proposer c’est de pisser dans une bouteille parce que y’a pas de toilettes de disponibles, peut-être ça devrait déclencher un début de réflexion.

Quand vous lui proposerez de coucher dans une bretelle d’autoroute parce qu’il n’y a aucune place pour stationner votre truck sécuritairement à 100 km à la ronde pis que vous n’avez plus d’heures pour rouler, peut-être que ça devrait déclencher un début de réflexion.

Quand ça fera 3 jours qu’il n’aura pas pris de douche parce que y’a de moins en moins de truck stops et que ceux qui restent n’offrent pas toujours de commodités propres et attrayantes, peut-être que ça devrait déclencher un début de réflexion.

En attendant, c’est avec beaucoup de plaisir que je vais accueillir ma blonde auprès de moi dans mon camion lors d’une prochaine run !

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Pendant mon séjour chez Vilmik, j’ai vu passer une offre d’emploi pour effectuer du transport de composantes d’éoliennes. Puisqu’il s’agit de composantes de grandes dimensions, le transport doit être effectué grâce à des permis spéciaux qui régissent les déplacements de ces ensembles routiers. Ayant encore peu d’expérience dans le métier, j’ai fait part de mon intérêt aux responsables de la compagnie CJFR mais bien honnêtement, je me disais que j’allais recevoir une réponse de refus car après tout, on ne laisse pas n’importe qui chauffer un ensemble routier de 120 pieds de long et de près de 125 000 livres.

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Après un bon moment à discuter par messagerie électronique, une rencontre formelle a été cédulé et à la fin de celle-ci, on m’a proposé de relever ce nouveau défi ! Ainsi donc j’allais prendre la route vers le Texas accompagné d’une et parfois deux escortes routières. Comme chauffeur, il était de ma responsabilité de m’assurer que toutes les conditions contenues sur les permis étaient respectées. Ainsi donc, je devais m’assurer de rouler seulement pendant les heures permises, valider que les bannières “D” ou “Oversize Load” étaient bien installées et que les drapeaux délimitant les extrémités de ma charge et de mon véhicule étaient bien visible.

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Disons que j’ai eu un support extraordinaire de mes escortes. Moi j’en était à mes premiers voyages hors normes mais pas eux ! Les p’tits gars, – ils étaient de l’âge de mes enfants – m’ont grandement simplifié la tâche en m’expliquant les tenant et aboutissant de chaque manoeuvre que nous avons effectuée. Tranquillement, je leur ai demandé de me donner plus de corde afin que je développe mon autonomie et c’est ce qu’ils ont fait. De vrais pros !

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Grâce à leurs précieux conseils, j’ai rendu toutes mes cargaisons à bon port sans pépins majeurs. Notre itinéraire nous amenait à traverser la frontière américaine à Sault Ste. Marie au Michigan. L’accès au pont Sault Ste. Marie International Bridge est pour le moins tordu, c’est le cas de le dire. Qui plus est, il y avait d’important travaux de construction du côté canadien du pont ce qui rendait le cheminement d’un camion semi-remorque compliqué. Imaginez lorsque votre camion fait 1.5 fois la longueur d’un camion normal !

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Avec Vilmik, j’avais eu la chance de rouler en Louisiane et de découvrir la culture de la canne à sucre. Avec CJFR, j’ai eu le plaisir de découvrir la culture du coton. En effet, un des points de rencontre pour le déchargement des composantes d’éoliennes se trouvait en plein dans un champs de coton ! Pendant nos longues heures d’attente, j’ai eu la chance de me ramener dans les champs de coton ! Ça change notre point de vue lorsque, plus tard, on voit des étalages de vêtements de coton…

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Le milieu du transport est un drôle de milieu. Parfois, on se demande comment c’est possible que cette industrie réussisse à vivre quand on constate comment elle accepte toute sorte de pratiques dans ses rangs. Je ne suis pas pour l’intrusion gouvernementale à outrance dans les différents marchés alors j’imagine que cela permet à certains joueurs d’y aller à leur goût et de faire ce qu’ils veulent, comme ils le veulent. C’est bien dommage car cela cause des dommages importants à ceux qui oeuvrent honnêtement au sein de cette industrie. Oh well…

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Le bon côté de la chose est que si t’es pas bien à une place, eh bien tu pactes ta poche pis tu vas voir ailleurs. Il y a de l’ouvrage en masse alors ça sert à rien de broyer du noir. Il fait soleil ailleurs !!!

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Après mon retour de Schefferville, j’ai pris quelques semaines pour réfléchir à ce que je voulais faire comme travail. J’avais eu la chance de faire du drybox avec Truck’n Roll et du flatbed dans le nord. Personnellement, j’ai rien contre le drybox mais je trouve que ça manque d’action ! Tsé quand tu passes ta journée assis sur ton cul à chauffer ton truck, ben c’est ben la moindre des choses que tu bouges un peu au chargement et au déchargement.

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Je sais pertinemment qu’on peut faire de l’exercice lorsque nous sommes arrêté à la fin de notre journée. D’ailleurs, faudrait que je me motive plus pour faire un peu d’exercice à ce moment là. Va falloir que je travaille là-dessus au cours des prochains mois…

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Anyway, au cours de l’été, j’avais vu passer des offres d’emplois de la compagnie Vilmik de St-Robert près de Sorel. Sur papier, ça semblait une compagnie intéressante qui offre des équipements récents bien entretenus à ses chauffeurs. Étant situé près de plusieurs industries sidérurgiques, elle fait donc beaucoup de transport d’acier. Ses principaux clients sont situés en Nouvelle-Angleterre et certains dans le midwest.

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J’avais déjà entendu parler négativement de la Nouvelle-Angleterre et ça m’a un peu fait peur quand j’ai vu que c’était une des principales destinations de la compagnie. Étant un lève-tôt, je me suis dit que ce serait un peu moins pire car je serais rendu dans les truckstops tôt en après-midi et je serais ainsi en mesure de me trouver une place sécuritaire pour coucher. L’idée était loin d’être méchante et je dois dire que lorsqu’il y avait des truckstops près de mes clients, ça fonctionnait relativement bien. Malheureusement, les truckstops sont plutôt rares en nouvelle-Angleterre alors il faut souvent coucher dans des aires de repos (rest area).

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Ces rest areas sont majoritairement propres et relativement tranquilles cependant, il ne possèdent aucune douche et parfois les portes des toilettes sont verrouillées la nuit et ce jusqu’à 8 ou 9 heure le matin. Quand tu commences ta journée vers 5 heure, ça veut dire que tu pisses dans un p’tit coin sombre pis que tu débutes ta journée avec une envie de chier !!! Étant donné que bien des clients n’offrent pas l’accès à des toilettes aux chauffeurs, des fois, ça prend quelques heures avoir de pouvoir se libérer d’un “poids sur la conscience…”

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Malgré de longues envies de chier et l’absence prolongée de douches, j’ai bien aimé me promener en Nouvelle-Angleterre. Le paysage n’est pas aussi exotique que dans l’ouest, mais c’est tout de même magnifique et t’apprends vite à bien planifier tes déplacements afin de minimiser les “inconvénients.”

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Mon association avec cette compagnie a pris fin lorsqu’une offre inespérée pour effectuer du transport hors norme m’est parvenue. Malgré tout, je garde de bons souvenirs de cette compagnie que je recommande régulièrement à des chauffeurs qui recherchent un bon endroit pour travailler.

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Retour sur mon travail dans le nord

Ainsi donc, j’ai travaillé tout près d’une année dans le nord québécois. Une année, des rencontres et surtout une expérience de vie qui me suivra à jamais.

Mon but premier quand j’ai accepté de relever ce défi, c’était d’acquérir de l’expérience à titre de camionneur. Disons que j’ai été servi à souhait car la nature même de mon travail faisait en sorte que je devais constamment charger, décharger et arrimer la marchandise que je transportais sur le chantier de la mine. Le highway là-bas, ça n’existe pas donc les périodes “relaxes” sont rares. Il faut constamment être aux aguets de la machinerie et des travailleurs qui se trouve autour de nous, toujours avoir un oeil attentif sur les conditions de la route que nous empruntons, jeter un coup d’oeil sur les conditions météo qui peuvent changer en un rien de temps et bien entendu s’assurer d’utiliser les bons rapports de vitesse pour arriver à destination en toute sécurité.

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Quand vous circulez sur la même route qu’un de ces géants, vous avez avantage à regarder loin devant et à prendre les bonnes décisions sinon, votre journée peut prendre une direction qui n’était pas prévue lors du toolbox meeting…

J’ai eu la chance au cours de la dernière année de parcourir de nombreux endroits un peu partout au Canada et aux USA et je dois dire que les paysages du nord du Québec et du Labrador n’ont rien à envier à personne. Bien sûr, on ne retrouve pas le gigantisme des Rocheuses ni les canyons du Nevada mais il n’en demeure pas moins que les paysages là-bas coupent carrément le souffle.

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Malheureusement, aucune photo ne peut arriver à décrire précisément comment on se sent devant ces vastes étendues, ces vallées profondes et ces montagnes qui dominent les environs. Il s’agit d’une beauté sauvage indescriptible qu’on ne peut oublier une fois qu’on a eu la chance de la cotoyer.

Mais au-delà de cette beauté phénoménale, il y a ces rencontres avec les gens qui, pour une raison ou une autre, se retrouvent dans le nord. Dans une petite localité située au milieu de nul part, on y retrouve un échantillon des Nations unies. C’est fou de constater le nombre de nationalités qui y sont représentées. Et au-delà de la nationalité, quand on gratte un peu, on constate que le Canada y est pratiquement représenté au complet. Bien sûr, les Maritimes représentent un fort pourcentage de la main d’oeuvre car la mine étant située au Labrador, les travailleurs des provinces de l’Atlantique sont présent en grand nombre.

L’Ontario et l’Alberta sont aussi présent et j’ai même eu l’opportunité de jaser avec un collègue originaire de la Colombie-Britanique.

Du côté du Québec, ici aussi c’est très diversifié. Beauce, Côte Nord, Québec, Montréal, Gaspésie, Montérégie, Outaouais et Iles-de-la-Madeleine ne sont qu’un échantillon des régions présentes.

Pour compléter ce tableau, il y a également nos confrères amérindiens qui sont représentés en grand nombre et c’est bien ainsi car l’exploitation de la mine s’effectue sur leurs territoires ancestraux et il serait scandaleux que de bons emplois ne leur soient pas réservé. Bien entendu, dans la vraie vie, c’est plus compliqué que ça mais le but de ce billet, n’est pas de faire une étude socio-économique de cette situation. Un jour, je mettrai sur papier mes pensées profondes concernant les relations entre les blancs et les amérindiens mais pour l’instant, tel n’est pas le but de ce billet.

J’ai grandement apprécié travailler en compagnie de mes collègues Innus. Ces hommes intelligents qui possèdent un grand sens de l’observation et qui n’hésitent pas à aider leur prochain en leur prodiguant de judicieux conseils.

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Mon aventure dans le nord c’est malheureusement terminé sur une fausse note mais c’est sans réelle surprise que cela c’est passé ainsi. Disons que j’avais un target gros comme ça dans le dos alors ce n’était qu’une question de temps avant qu’on m’indique la sortie.

Malgré la vitesse à laquelle on m’a demandé de prendre l’avion du retour, j’ai tout de même eu le temps de saluer tout mon monde avant de revenir à la maison et c’est ce qui est le plus important pour moi. J’ai senti des poignées de mains franches, des regards intéressés et des salutations sincères.

Peut-être n’aurai-je jamais la chance de retourner dans ce coin paradisiaque et si c’est la cas, je pourrai au moins dire que je suis parti en regardant tout le monde dans les yeux. Et si jamais j’ai le plaisir de fouler de nouveau la terre au pays des Innus, je sais que je pourrai aller frapper à la porte de mes collègues et que je serai le bienvenue chez eux, tout comme ils le seront toujours chez moi !

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Si jamais la vie vous amène dans ces lointaines contrées, n’hésitez pas à vous y rendre. Vous ne serez jamais plus la même personne après y avoir séjourné quelques jours.

Semaines 10-11 – Décisions… Décisions…

Ainsi donc, nous avons débuté la partie pratique de la formation. Maintenant, après un bref meeting au cours duquel notre chargé de projet nous fait part des objectifs de la journée ainsi que du numéro du camion et de la remorque avec lesquels nous travaillerons cette journée-là, on ramasse la paperasse à la répartition et on s’habille chaudement. Une fois dehors, on identifie ou se trouve notre camion et notre remorque et on débute la VAD. Hein ? De kessé ? C’est quoi ça une VAD. Il s’agit de la vérification avant départ. Il s’agit d’une vérification obligatoire que les camionneurs doivent effectuer avant de prendre la route avec leurs camions. On s’assure ainsi que notre camion est sécuritaire et conforme au règlement de la SAAQ afin que nous puissions prendre la route en sécurité. Sécurité pour le camionneur mais également pour les autres utilisateurs des réseaux routiers nord-américains. VAD du camion terminée ? Parfait, c’est maintenant le temps d’aller atteler la remorque et de procéder à la VAD sur celle-ci. Finalement, on fera un tour « propre » pour s’assurer du fonctionnement que nos clignotants, lumières de frein et nos phares fonctionnent correctement avant de finalement pouvoir prendre la route. En ce moment, il nous faut un peu plus d’une heure pour accomplir ces tâches. En pratiquant à tous les jours, nous parviendrons à diminuer notre temps d’exécution de plus de 50% ce qui veut dire, qu’on va éventuellement passer moins de temps à virer autour de nos camions et plus de temps sur la route !!! J’ai-tu hâte moi-là ?

Parlant de route… On a récemment eu une présentation du responsable des stages. On doit donc commencer à penser à ce qu’on veut faire plus tard comme camionneur car idéalement, il faut essayer d’aller faire notre stage dans la compagnie pour laquelle on aimerait ensuite aller travailler. Avant la présentation, j’avais déjà une idée de ce que je voulais faire plus tard. Cette idée était fondée sur mes connaissances limitées du monde du transport routier. Je ne suis pas plus un expert qu’il y a une semaine mais j’ai décidé de regarder le stage et tout ce qui suivra par la suite sous un angle nouveau. Dans le fond, quand j’ai décidé de réorienter ma carrière, j’avais déjà commencé à modifier ma perspective vis-à-vis la façon dont je veux vivre les 20 prochaines années alors pourquoi ne pas poursuivre ma réflexion sous cette nouvelle philosophie ? Les quarante quelques premières années ont souvent été vécues en ne voulant pas trop remettre en question les bases établies afin de ne pas faire de peine à personne. Mais moi, là-dedans ? Bien entendu, je ne suis pas un saint martyr non plus. J’ai d’ailleurs d’avoir une femme et des enfants des plus compréhensifs qui m’accompagnent dans mes moments de lucidité et restent à mes côtés dans mes moments de folie passagère à long terme !

La question est donc celle-ci : Kessé que tu veux faire au cours des prochaines années el gros ? En ce moment, je ne saurais le dire précisément quoi que je vois lentement mes idées prendre forme et me guider vers mon but. Une chose est sûre. Le nid familial est appelé à changer dramatiquement au cours des 2-3 prochaines années. Les enfants vont tranquillement trouver leurs voies et quitteront un à un le domicile familial. D’autres l’ont fait avant eux et ils ont survécu alors je ne vois pas pourquoi les miens ne réussiraient pas à faire de même. On a battu la trail pour eux pendant un bon moment, c’est maintenant à eux d’explorer la grande jungle de la vie. Ensuite, il faudra que je m’assoie avec ma douce pour voir comment on va gérer mes absences. Parce que être camionneur, c’est être souvent absent de la maison. Pis ça c’est loin d’être toujours évident pour celle qui reste derrière. Bien sûr, dans un monde idéal, ma blonde suivrait avec moi dans le camion. Malheureusement, l’industrie et surtout les compagnies d’assurance ne privilégie pas cette situation ce qui fait qu’à moins de posséder mon propre camion, ce sera peu probable qu’elle m’accompagne sur la route. C’est dommage pour elle car j’aurais adoré partagé les beaux paysages et les belles rencontres que je vais vivre au cours des prochaines années avec elle. Mais en même temps, ce n’est pas dramatique non plus. Va juste falloir se parler et partager nos attentes afin que nous nous sentions tous les deux bien dans ce que nous allons vivre loin l’un de l’autre.
Une fois que nous aurons discuté de nos attentes, viendra le temps de vraiment identifier le type de transport que je voudrais effectuer et qui permettra de rejoindre nos attentes respectives et finalement, d’identifier quelques compagnies qui évoluent dans ce segment du transport routier. La période des Fêtes me donnera l’occasion de bien réfléchir à tout ça et d’en discuter avec ma conjointe. Au début de janvier 2014, je vais savoir exactement qu’est-ce que je recherche et je serai alors en mesure d’identifier les 2-3 compagnies qui feront partie de la dernière étape de mon processus de sélection. Des recherches sur internet et une rencontre avec le responsable des stages devraient me permettre de murir ma réflexion avant que j’effectue ma demande officielle auprès de la compagnie que j’aurai identifiée.

Même si c’est relativement plus tranquille en transport au Québec depuis l’arrivée du PQ à la tête de la province, de la job il y en a encore en masse. Par contre, ce n’est pas parce qu’il y a des postes disponibles qu’il faut appliquer un peu partout sans avoir pris la peine de réfléchir à ce que nous voulons faire comme travail. C’est bien beau s’asseoir derrière un volant et peser sur un pédale d’embrayage mais ça ne représente qu’une infime partie d’une longue journée de travail alors je crois que c’est la moindre des chose que de prendre le temps d’établir ce que nous voulons faire et dans quelles conditions nous sommes prêt à le faire. Bien sûr, cette réflexion est figée dans le temps. Elle correspond à mes attentes et mes aspirations en ce moment précis de ma vie. Peut-être qu’elles demeureront les mêmes jusqu’à ma retraite mais il est fort possible – je dirais même souhaitable – qu’elles évoluent au fil du temps. Faudra donc actualiser tout ça de temps à autre et si cela s’avère nécessaire, s’assurer de satisfaire les nouvelles exigences/attentes.

Semaines 8 et 9 – C’est fini !!! Ben enfin presque…

Je l’sais ce que vous allez me dire là…

C’est-tu fini ou ben c’est pas fini ton affaire ? Branche-toi chose !!!

Ben en fait, c’est la partie purement théorique qui est maintenant terminé. Bon il me reste un test demain soir – lundi 2 décembre – mais sinon, nous ne devrions plus nous retrouver en salle de cours d’ici la fin de notre formation. Maintenant, c’est autour et dans les camions que ça va se passer. Logbook, vérification avant départ, arrimage, remorque fermée, b-train, fardier, autoroute, routes principales, rues, ce sont toutes des réalités qui vont maintenant faire partie de notre quotidien à compter de mardi soir prochain.

Avec les conditions climatiques que Mère Nature nous a déjà servies, j’ai comme l’impression qu’on va en avoir pour notre argent. Pis honnêtement, c’est ben correct comme ça. J’ai hâte d’affronter les conditions hivernale difficiles. Ultimement, ça va faire de moi un meilleur camionneur. Ça va faire de moi un conducteur conscient des dangers de son nouveau métier et des gestes qu’il devra poser quotidiennement pour revenir sain et sauf à la maison et éviter de blesser et de tuer d’autres usagers de la route.

Puisque ça fait déjà un bon moment que j’ai décidé de réorienter ma carrière et que je me suis inscrit au CFTC, on aurait certainement pû me proposer de commencer mon cours à une autre période de l’année mais jamais je n’aurais accepté car je tenais à affronter mon premier hiver en compagnie de mes instructeurs. Certains dirons que je suis pissoux, moi je dis que je veux m,assurer d,avoir tous les outils qu’il me faut pour faire le travail qui m’attend même si j’aurai fort probablement l’opportunité de rouler à des milliers de kilomètres au sud du Québec. Ce n’est pas parce qu’on est loin de cette terre souverainiste qu’on ne rencontre pas son lot de tempête de neige. Pis moi, je tiens à être prêt pour affronter ces situations là quand elles vont se présenter.

Dans un autre ordre d’idée, on a perdu un “p’tit poussin” cette semaine. Un de nos collègue qui éprouvait des difficultés d’apprentissage a décidé de prendre un temps d’arrêt pour faire le point et voir comment il pourra mener à terme son projet d’apprentissage. Nous sommes plusieurs dans le groupe qui auraient aimé en faire plus pour lui donner une chance de comprendre toutes ces nouvelles notions et de faire les liens nécessaires avec lui pour retenir tout ça. Malheureusement, nous avons tous un horaire très chargé et c’était quasi impossible de trouver des plages horaires qui nous auraient permis de lui offrir notre aide.

C’est toujours un peu triste de devoir dire au revoir à un confrère qui en arrache. Cependant, dans le contexte actuel, c’était la meilleure chose à faire pour lui. Marcel, je te souhaite de trouver une manière de réussir cette formation et ultimement de réaliser ton rêve toi aussi. Peut-être que ton parcours devra être modifié afin de te donner le temps qu’il faut “pour que ça rentre” mais de grâce, ne baisse pas les bras. Tu es un gars talentueux. Il faut juste que tu trouves le bon moyen de cristalliser les connaissances au plus profond de toi-même. Du monde sans talent, ça n’existe pas. Il faut juste trouver la bonne combinaison pour débarrer leur talent et ça, je te le souhaite du plus profond de mon coeur. Lâche pas mon vieux !