Retour sur mon stage

Une fois la formation théorique et pratique terminée, il ne restait qu’une seule étape pour officialiser ma formation et c’était la réalisation d’un stage de 90 heures dans une compagnie de transport. Que ce soit en mode actif – la stagiaire conduit un camion et participe aux différentes tâches qui composent la journée du camionneur qui l’accompagne – ou en mode observation – un stagiaire pourrait techniquement passer tout son stage à observer son compagnon sans jamais toucher au volant ni effectuer aucune des tâches reliées au métier – le stagiaire doit s’initier au métier de camionneur en effectuant un stage de 90 heures en entreprise.

Lors de notre rencontre préparatoire, on nous avait bien mis en garde du choc culturel que nous allions vivre entre la “réalité” du centre de formation et cette de l’industrie. La ouate et l’accompagnement particulier, ça n’existe pas dans ce métier. Il y a de la marchandise à livrer et il faut que ça ce fasse dans les plus brefs délais alors pas de niaisage, il faut que ça roule ces trucks là !!!

J’ai eu la chance d’effectuer mon stage dans une entreprise de mon coin. Le Groupe Bellemare  a accepté de me prendre en stage avec une possibilité si les conditions gagnantes étaient réunies que je me joigne ensuite à eux à titre d’employé.

Chez Bellemare, le pain et le beurre de la division transport est le transport de cargaison de toute sorte sur remorques à plateau (flatbed) et que de la machinerie lourde sur fardier. Le groupe Bellemare possède également une très grande expérience dans le transport de pièces d’éoliennes de grandes dimensions ainsi que dans le transport de toute marchandise hors-norme.

Au delà de la conduite du camion semi-remorque proprement dit, l’arrimage est la pierre angulaire du travail des camionneurs oeuvrant pour cette entreprise. En effet, il ne sert à rien d’être un as de la conduite de camion si la cargaison n’est pas sécuritairement arrimée à la remorque. Les normes d’arrimages sont nombreuses et il est parfois complexe d’arrimer adéquatement la cargaison que l’on transporte. C’est pour cette raison que mon stage s’est principalement déroulé au niveau local et régional car le superviseur de mon stage voulait s’assurer que je comprenais bien les différentes problématiques reliées à l’arrimage afin qu’éventuellement, je puisse gérer moi-même le chargement et l’arrimage de ma remorque.

J’ai donc effectué plusieurs courts voyages entre différentes usines de Trois-Rivières tout en transportant des pièces usinées de formes et de poids divers. Je devais donc décider à quel endroit sur ma remorque je faisais déposer la dite pièce et ensuite m’assurer que celle-ci était bien arrimée.

J’ai donc eu la chance d’apprendre beaucoup de notions qui me serviront tout au long de ma carrière. Ça l’air simple comme ça de faire déposer un bloc usiné de 64 000 livres sur une remorque mais il y a tout un calcul qui doit être effectué afin de s’assurer que la charge est répartie convenablement sur les différents essieux de la remorque et du camion. Et il faut ensuite penser aux équipements – courroies et/ou chaines – qui nous permettront d’arrimer sécuritairement et légalement notre marchandise.

Mes premiers essais n’ont pas tous été de grandes réussites mais après quelques voyages, j’avais compris les principes sous-jacents à ces tâches et j’étais en mesure d’effectuer le travail convenablement.

Pendant ma formation, nous avons souvent sillonné les routes de la Beauce et de la région de Thetford Mines. Quelles belles régions ! Étant situées dans les Appalaches, ces routes représentent de beaux défis pour les camionneurs. J’avais hâte d’y retourner dans une vrai situation de camionnage avec un camion possédant “un gros moteur” et une véritable cargaison, pas seulement des blocs de bétons. Il faut dire que strictement parlant, le type de cargaison a peu d’importance mais coté psychologique, c’est une toute autre affaire de voir une vrai cargaison dans ses rétroviseurs. J’sais pas pourquoi mais c’est pas pareil ! LOL

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Foreuse

Même si elle ne pesait que 40 000 livres, c’était tout un feeling de monter et descendre les côtes sur le chemin du retour avec cette cargaison sur mon fardier. J’ai été super gâté car mon camion était équipé d’un puissant moteur ce qui m’a permis de monter les pentes sans trop me casser la tête et surtout les descendre sécuritairement grâce au frein moteur qui retenait très bien l’ensemble de mon véhicule.

Comme dernière journée de stage, ça été bien agréable.

Malheureusement, mon aventure avec le groupe Bellemare s’est terminée avec la fin de mon stage. La reprise des activités de transport escomptée ce printemps tarde à se faire attendre suite à un long hiver qui n’en finissait plus de finir. Le besoins actuels de main d’oeuvre sont présentement comblés à l’interne et il n’y avait pas de travail pour moi.

Je suis un peu déçu de la situation mais en même temps, il est encore temps de se retrousser les manches et effectuer d’autres démarches auprès d’autres compagnies de transport qui m’intéressent. Quand on veut travailler, on finit toujours par trouver quelque chose. Qui sait, ce sera peut-être le sujet de mon prochain billet ?


 

J’allais oublier: le choc culturel entre la vraie vie et celle que nous avons vécu au CFTC. Le choc est terrible. Plus pour certains que pour d’autres mais ça fesse en titi pareil !!! Oufff… Mais une fois le choc initial passé et qu’on comprend pourquoi ça fonctionne de cette façon, c’est un peu moins pire. Mais ça sonne pareil !

Pour quelqu’un qui, comme moi, sortait du confort de la fonction publique, c’est tout un choc. C’est comme si les notions de services à la clientèle, de travail d’équipe et de collaboration prenait le bord d’un seul coup et qu’on remplaçait la définition dans le dictionnaire par des hiéroglyphes. Ça veut peut-être dire la même chose mais j’arrive pas à le savoir car je suis incapable de lire ce qui est écrit. Pis ceux qui pourraient m’expliquer, ben ils parlent martien ou une autre langue que je ne comprends pas.

Heureusement que l’humain a une très grande capacité d’adaptation. Ça aide beaucoup.

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