Semaine 2 – Montagnes russes

Retourner à l’école, peut importe la formation, implique qu’à court ou moyen terme, on se pète le nez en quelque part. On a beau se dire qu’à notre âge on a du vécu et qu’on peut affronter la vie sans trop de difficulté, tôt ou tard, on frappe un mur. Par contre, notre vécu nous aidera surmonter cette embûche avec plus ou moins de difficulté car on en a vu d’autres et on a une bonne idée comment réagir.

C’est ce qui s’est passé cette semaine. Mardi soir, nous avons vécu nos premières expériences au volant d’un simulateur. C’est vraiment trippant un simulateur et en plus, quand ça ne va pas à  notre goût, on redémarre la simulation et si ça ne va toujours pas à notre goût, on peut quitter notre siège de conducteur sans être obligé de ramener le camion au terminal. On peut aussi aller voir comment se débrouillent nos consoeurs et nos confrères en quelques secondes.

Je connaissais les simulateurs car lors d’une visite au CFTC cet été, j’ai eu l’occasion de les essayer en compagnie de mon fils Charles. Nous avons alors tous les deux obtenu notre “pommeau de cuir”, première récompense accordé à l’aspirant conducteur de camion suite à la maitrise du double embrayage. Le principe du double embrayage est très simple. Il faut appuyer une première fois la pédale d’embrayage pour passé  d’une vitesse au neutre, relâcher la pédale d’embrayage avant d’appuyer de nouveau sur la pédale d’embrayage et de passer à la vitesse supérieure.

Ça semble plus compliqué que ça l’est en réalité et en même temps, c’est loin d’être simple. Tout est une question de timing. Il faut appuyer sur la pédale d’embrayage au bon moment sinon ça ne fonctionne tout simplement pas. Lorsqu’on tente d’obtenir le pommeau d’or, tout ce que l’on cherche à démontrer c’est qu’on est capable de faire les manoeuvres dans le bon timing. Après quelques essais, c’est possible d’y parvenir sans trop se casser la tête.

C’est ensuite que ça se corse ! Non seulement il faut jouer de la pédale comme du monde, mais il faut aussi enfiler les vitesses les unes après les autres. On ne réalise pas combien d’énergie on a dépensé à passer la première leçon alors on ne s’aperçoit pas qu’on est fatigué et que le stress augmente à chaque fois qu’on commet une erreur. On devient donc un peu plus frustré à chaque manoeuvre manquée, on commet alors encore plus d’erreur faisant monter le niveau de frustration encore plus haut.

À la fin de la soirée, le consensus informel était que finalement devenir camionneur, c’est bien mais ce n’est pas une obligation. Il doit certainement y avoir d’autres métiers passionnants où nous pourrions exceller !!!

Disons que lorsque nous sommes retourné dans la classe en fin de soirée, ça ne parlait pas fort. Le moral était très bas. On s’était tous laissé emporté vers le bas par ces échecs répétés. Nous n’arrivions pas à prendre du recul et à constater que nous parvenions maintenant à faire des choses que nous n’étions pas capable de faire à peine 4 heures auparavant.  Nos échecs nous semblaient tellement gros que nous n’arrivions pas à voir et apprécier nos réussites. Heureusement, une bonne nuit de sommeil a permis à la grande majorité des étudiants de prendre du recul et d’apprécié le chemin parcouru au cours de cette première séance de pratique virtuelle.

L’accès aux simulateurs est relativement facile alors il est possible d’y aller pratiquement quand on veut. Dans mon cas, puisque je suis à Québec seulement 2 jours et demi la semaine, je peux y aller seulement le mardi et le mercredi entre 15 et 18 heure. J’avais planifié m’entraîner durant cette période mais puisque nous ne passerons que quelques semaines sur les simulateurs, aussi bien maximiser mon temps d’apprentissage sur ceux-ci immédiatement. Dans quelques semaines, nous débuterons la conduite de vrais camions alors j’irai m’entrainer pendant ces périodes libres.

Même si mes succès académiques tangibles ne sont pas aussi élevés que je l’aurais souhaité, je suis très fier de ma semaine. Ma compréhension des systèmes mécaniques est nettement au-dessus de la moyenne de la classe et mes résultats sur les simulateurs se situent dans le premier tiers du groupe. C’est pas mal mais il va falloir continuer à travailler fort afin de maintenir le cap.

Je dois dire que les discussions que j’ai eu avec mon mentor Low Fuel portent fruits. Étant de nature curieux, j’aime bien lui poser toute sortes de questions et c’est toujours avec de nombreux détails qu’il m’explique comment les choses fonctionnent dans le merveilleux monde du camionnage. Il est très disponible pour moi et il trouve toujours un moyen de me présenter les choses d’une façon qui est facile à comprendre et surtout, il me fait part d’exemples réels qu’il a lui-même vécus ou qu’il a vu de ses yeux. Pas de bullshit, pas d’histoires à l’eau de roses. Juste les vraies affaires ! Croyez-moi, ça fait toute une différence quand on peut synthétiser de nouvelles connaissances et les relier à des notions que nous connaissons déjà. Ça rend la rétention de cette information beaucoup plus facile.

Demain, la troisième semaine se mettra en marche. Là je sens que le camion est maintenant en marche. Après quelques hésitations, la première vitesse est passée et je m’apprête à passer en deuxième vitesse. Le regard loin en avant, un p’tit coup d’oeil dans les miroirs, le pied sur la pédale d’embrayage, je me prépare. dans ma tête, j’entends la voie du simulateur. Tic… Tac…

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