Don’t fuck with the english schools yo !!!

Hier soir, je regarde tranquillement défiler les messages sur ma page facebook quand un lien présenté par mon ami gauchiste Marco attire mon attention. Marco et moi, on s’est connu au bureau. Il a fait parti du premier groupe d’employés que j’ai formé au bureau. Malgré ses airs non conventionnels, c’est un bon gars. Un crisse de bon gars même. Tellement un bon gars que quand j’ai fait passer le nombre de mes amis facebook de plus de 200 à 34, il est demeuré dans ma short list ! Son seul vrai défaut: il porte à gauche. Mais bon… J’me dis qu’il est encore jeune et qu’éventuellement, quand il va avoir plus de responsabilité dans la vie, il va en venir à réaliser que le socialisme, cé d’la marde. En attendant ben je l’endure quand il pique des p’tites crises d’adolescents pis qu’il capote quand on traite les carrés rouges d’enfants gâtés. J’t’aime pareil big !!!

Je disais donc qu’un lien que Marco a présenté a attiré mon attention. Il s’agit d’un billet de Jackie San sur le blog L’axe du Mad. Son billet s’intitule Vivre et let vivre. Belle plume, bon discours, des idées qui se tienne, son texte fait réfléchir.

Première citation de Jackie:

I also learned English because, well… the whole fucking world speaks it (!) and I didn’t want to look like « Huh? » on trips to Old Orchard Beach. And let’s face it. What’s better than a good movie in its original version?

Pas une méchante raison d’apprendre l’anglais mais au-delà de tout ça, bravo pour l’effort et surtout pour l’énorme compétence que tu as ajouté à ton coffre à outils. Désormais et surtout si le PQ réussi à faire passer sa Loi 101 “new and improved” tu possèdes un avantage concurrentiel indéniable sur le marché du travail. Avec tout près de 300 000 000 (oui oui, c’est trois cent millions qui est écrit là) de citoyens anglophones qui habitent sur le même continent que toi, ta capacité à pouvoir les comprendre et leur parler te place dans une catégorie d’employés hautement intéressants pour tes futurs employeurs. Même si tes ambitions ne dépassent pas le comptoir du resto La poutine à Ti-Oui, sache que ce mets typiquement québécois attire son lot de touriste anglo-saxons alors aussi bien être en mesure de leur faire la conversation et qui sait, peut-être bonifier ton pourboire !

Deuxième citation:

Nous vivons dans un état français entouré de puissances anglophones. C’est normal de vouloir protéger ses acquis, ses fondements. C’est normal de vouloir protéger sa langue.

Je suis 110% d’accord avec ça. Je suis un francophone de souche et je le demeurerai jusqu’à ma mort. J’adore ma langue maternelle plus que tout au monde et j’ai à coeur sa protection. Mais jamais je ne cautionnerai la pseudo enrichissement de ma langue maternelle au dépend d’autres langues qui sont primordiales pour la survie de mes enfants. Comment peut-on penser une seule minute que nous allons former une nation avec des citoyens qui ne comprenne ni d’Ève ni d’Adam ce que les 300 autres millions d’habitants de l’Amérique du Nord leur disent.

Fade to black et retour en arrière d’une soixantaine d’année. Peut-être même 70 mettons… Ben vit dans un quartier ouvrier de Trois-Rivières, juste à côté du port. Là-bas, y’a deux catégories d’employés. Les boss, qui parlent anglais, pis les autres, ceux qui ne parlent pas anglais. Qui est-ce qui ramasse les grosses paies la fin de la semaine ? Pas ceux qui parlent français… Ben, parle pas anglais pis son père non plus ! Fast forward une bonne dizaine d’année. Ben est allé un peu à l’école pis il réussi à se trouver une bonne job pour une grosse compagnie forestière. Ben voyage un peu partout au Québec pour la compagnie. Il va même travailler un bon moment à Terre-Neuve !!! Ben parle toujours pas un crisse de mot d’anglais alors quand vient le temps de faire sauter des jobs, qui est-ce qui se ramasse sur le chômage ? Pas les anglais !

Quelques années plus tard, Ben a rencontré la femme de sa vie pis ils ont eu des enfants. De beaux enfants intelligents. Intelligents comme leurs parents. Cette fois-ci, Ben y voit clair pis y pense son affaire. Il n’a vraiment pas le goût que ses enfants soient à la merci d’employeurs qu’ils ne comprendront même pas et qui leurs dicteront quoi faire. À l’époque, la loi 101 n’existe pas alors ben inscrit ses enfants à l’école anglaise de la p’tite ville minière où il travaille maintenant. Sa motivation du temps. Que ses enfants soient capable de comprendre leur boss et d’être capable de l’envoyer chier si c’est nécessaire, chose que lui même n’a jamais pu faire quand ses patrons ont abusé de leur pouvoir sur lui. Le gars de Ben va étudier du primaire jusqu’à l’université en anglais. Il réorientera ensuite sa carrière dans l’hôtellerie et il accueillera des milliers de visiteurs dans son hôtel de l’Abitibi. En plein milieu de la forêt laurentienne, le gars de Ben utilisera ses compétences dans la langue de Shakespeare pour gagner sa croûte et promouvoir la culture québécoise aux méchants Amarequins qui viendront y laisser des milliers de dollars annuellement.

La fille de Ben, de son côté, une fois ses études collégiales terminées, se décrochera une job de fonctionnaire. Parmi les critère d’embauche: connaissance écrite et parlée de la langue anglaise. Eh ben… Après quelques années, elle fondera une famille et décidera de demeurer à la maison pour y élever ses enfants. Suite au passage de la loi 101, elle et son frère possèdent maintenant une exemption du ministère de l’éducation leur permettant d’envoyer leurs enfants et leurs petits enfants à l’école anglaise. Privilège qu’elle se servira pour envoyer ses propres enfants à l’école anglaise. Une fois ceux-ci rendus plus vieux, elle retournera à l’école pour décrocher un diplôme lui permettant de réintégrer le marcher du travail dans un domaine qui lui plaît. Dans une classe d’une quinzaine d’élèves, elle sera la seule à avoir fréquenté l’école anglaise et pourtant, c’est elle qui décrochera les honneurs en français à la fin de ses études. Pas pire pareil pour une fille qui a passé la grande majorité de son éducation à l’école anglaise !

Les enfants à la fille de Ben, ce sont aussi mes enfants. J’ai pas choisi ma blonde parce qu’elle avait son papier pour envoyer nos enfants à l’école anglaise mais à chaque matin je remercie le ciel d’avoir eu la chance de donner cette opportunité là à nos enfants. Avec notre départ annoncé du Québec qui surviendra d’ici quelques années, mes enfants n’auront pas à vivre le stress d’apprendre une langue qui leur est inconnue. Ils la maîtrisent déjà entièrement. Je ne prétend pas qu’ils ne subiront pas de stress lors de notre départ mais au moins, celui-là ne fera pas partie de leur soucis. C’est déjà un gros poids de moins sur les épaules.

Être égoïste, j’aurais fermé ma gueule et j’aurais pas dit un mot. Après tout, je serais bien fou de vouloir faire profiter mes concitoyens d’un avantage que moi et ma famille possédons. Right ? Non man… C’est pas comme ça que ça marche dans une société qui veux pouvoir tirer le meilleur d’une situation dans un marché mondial de plus en plus compétitif. En fermant ma gueule, c’est comme si je reniais les efforts de Ben, de Jacques qui a envoyé son gars apprendre l’anglais en Ontario alors que ses finances familiales étaient chancelantes et que ça aurait été plus simple si son gars était resté à la maison, de Gaston, de Suzanne et de tous les parents du Québec qui ont fait des efforts pour permettre à leurs enfants de construire un Québec et un Canada meilleur. C’est comme dire à nos enfants que leur avenir, c’est pas si important que ça finalement…

C’est pas comme ça que ça marche man… Non seulement nos enfants devraient apprendre le français et l’anglais à l’école mais ils devraient aussi apprendre l’espagnol. Ou le mandarin. Car c’est pas vrai que tout le monde parle anglais. Y’en a un bon paquet autour de nous mais si vous sortez de l’Amérique, y’a de bonne chance que ni le français ni l’anglais ne soient d’aucune utilité pour vous aider à trouver de quoi manger ou un coin pour dormir en sécurité. Pour mon fils qui s’établira fort probablement au Japon au cours des prochaines années, sa connaissance de la langue anglaise ne lui est d’aucune utilité au pays du soleil levant. S’il veut arriver à faire quelque chose de constructif là-bas, il n’a d’autre choix que d’apprendre le japonais.

Au lieu de se recroqueviller sur nous-même, il faudrait plutôt s’ouvrir sur le monde en donnant la chance à nos enfants d’apprendre d’autres langues. Prenez exemples sur la Suisse, ce pays multilingue où les enfants apprennent en très bas âge deux et même trois langues sans pour autant perdre leur identité culturelle. Si vous connaissez quelqu’un qui a séjourné un bon moment en Suisse, demandez-leur si les citoyens Suisse vivant dans les différentes région de ce merveilleux pays ont perdu leur identité parce qu’ils parlent la langue de leur voisin ? Et voilà… C’est bien ce que je pensais.

L’avenir du Québec arrive à toute vitesse au carrefour de sa destiné. Prenons le temps de freiner et d’étudier les avenues qui se présentent à nous. Cessons de vouloir tout régler d’un coup de tête et de nous refermer sur nous-mêmes. Pensons à notre avenir et surtout, à l’avenir de nos enfants. Permettons-leur d’apprendre d’autres langues que le français afin qu’ils soient concurrentiels sur le marché de l’emploi de demain et qu’ils puissent faire rayonner le savoir-faire québécois de par le monde. Cessons de chiquer de la guenille sur ce qu’aurait pu être le Québec au temps de René Lévesque. Le folklore c’est bien beau mais il faut maintenant regarder vers l’avenir sans oublier ce qui nous amené jusqu’ici…

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