Sans un vrai parti pour le changement, point de salut…

Ça y est ! À moins d’un revirement de situation aussi spectaculaire qu’improbable, je vais annuler mon vote lorsque j’irai voter le 4 septembre prochain. J’ai eu beau essayer, analyser, calculer, essayer de nouveau, analyser encore et encore, le fait demeure. Il n’y a présentement au Québec aucun parti qui soit en mesure de me convaincre qu’il pourra faire la différence pour moi, mes enfants et les enfants de mes enfants avant que le Québec frappe un mur et qu’il se réveille demain matin avec une situation similaire à la Grèce sur les bras. Après des décennies de laisser-aller et de pelletage par en avant, il est maintenant temps de mettre le pied à terre, dire qu’assez c’est assez et de mettre en place des politiques qui vont faire en sorte que la province va cesser de vivre sur le BS fédéral en ramassant annuellement des milliards de dollars de péréquation sans rien donner en retour. Nous sommes chanceux que le Rest of Canada (ROC) nous endure encore mais faudrait pas trop étirer l’élastique car à un certain moment donné, ce sont nos concitoyens qui vont se tanner et nous mettre à la porte de la confédération.

Financièrement parlant, le Canada serait gagnant en nous montrant la porte. Avec 8 milliards de plus dans leurs poches à distribuer à chaque année aux provinces les plus pauvres, cela aurait un impact certain sur le niveau de pauvreté dans certaines provinces moins bien nanties. Politiquement parlant, même si le ROC est passablement diversifié du point de vue de ses allégeances politiques, l’entente serait tout de même meilleure sans les maudits chiqueux de guenilles du Québec. Le seul bémol serait au niveau géographique. Le Canada se retrouverait avec les provinces de l’Atlantique d’un côté et l’Ontario, les provinces de l’ouest de même que le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon de l’autre. C’est probablement là-dessus que le ROC aurait le plus d’inquiétude car les provinces de l’Atlantique, historiquement des provinces pauvres, ont besoin des autres provinces pour survivre. De plus, même si elles ne sont pas très “performantes” au sein de la confédération, ce sont des provinces qui ont jouées un rôle important lors de la création du pays. Elles conservent donc un rôle historique important auprès des autres provinces du pays même si leur apport économique est faible en comparaison avec les autres provinces et territoires.

Tout ça pour dire qu’à trois jours du scrutin, je ne pourrai voter pour aucun des candidats qui se présentent dans ma circonscription. Voici mon argumentaire pour chacun d’eux.

Éric L’Abbée – Indépendant: Je sais que faire compagne a titre d’indépendant n’est pas facile, que les ressources financières et matérielles sont limitées mais il n’en demeure pas moins que si je n’avais pas consulté le site du Directeur général des élections du Québec, jamais je n’aurais su que vous êtes candidats dans mon comté. Je ne vous ai jamais rencontré, je ne connais pas vos orientations et je suis – malheureusement pour vous – convaincu qu’un indépendant n’a pas sa place dans une campagne électorale cruciale comme l’actuelle campagne. L’avenir d’une province et potentiellement un pays est en jeu en ce moment. Ce n’est malheureusement pas le temps de placer un indépendant au poste de commande du comté.

Jessy Trottier – Équipe autonomiste: Le nom du parti me semble intéressant mais c’est tout… Je ne vous connais pas, vous n’êtes jamais passé me rencontrer et m’expliquer ce que votre parti pouvait m’apporter. Zéro temps d’antenne, d’articles dans les journaux ou sur le Web. Un site Web bien fait mais qui m’en dit très peu au sujet de votre parti. Et pourtant, je me considère comme une personne intéressée par la politique. En fait, nous sommes quatre à vivre sous le même toit et je suis prêt à parier une grosse bière bien froide que personne dans cette maisonnée ne vous connaît ni ne connaît votre parti. Et pourtant, en période de vacances estivales, il y avait tout le temps quelqu’un à la maison… Vous avez manqué un chance en or de peut-être rallier une famille à votre parti. Dommage… J’aurais aimé vous connaître un peu plus.

Yves Sansregret – Québec solidaire: Idéologiquement parlant, votre parti et moi sommes aux antipodes l’un de l’autre alors jamais je ne voterai pour vous ni pour votre parti. Par contre, même si M. Khadir a dit et fait des choses qui ont encore renforcé ma conviction envers Québec solidaire, j’accepterais volontiers d’aller boire une grosse bière froide avec lui et Mme David, vos deux porte-paroles. Dans le cas de M. Khadir, probablement parce que j’aimerais lui rappeler qu’il n’est ni Martin Luther King, ni Gandhi et que ses enfantillages de boycottage de boutiques ne sont pas dignes d’un homme politique. Quand à Mme David, que j’ai découvert, comme de nombreux québécois, lors du débat télévisé de Radio-Canada, je la trouve très sympathique et d’une grande honnêteté. J’aimerais lui proposer d’animer le débat lors des prochaines campagnes électorales. Je suis convaincu qu’elle ferait une mozus de bonne job.

Émilie Joly – Option nationale: Tout comme les autres partis gauchistes-communistes qui pullulent au Québec en ce moment, vous pouvez être assuré que je ne voterai jamais pour votre formation politique. Et si votre chef et fondateur du parti n’habitait pas de l’autre côté du fleuve, je n’aurais que brièvement entendu parler de l’Option nationale lorsqu’il a joué au bébé lala pour pouvoir participer au débat des chefs. Yo man !!! Y’a pas un foutu député de ton parti au parlement !!! Prend ton trou pis attend d’avoir des représentants dans le salon bleu pis après tu chialeras…

Noëlla Champagne – Parti québécois: Les québécois ont déjà affirmé haut et fort, deux fois plutôt qu’une – qu’ils n’étaient pas intéressés par l’indépendance du Québec. Si on se fit au propos que Mme Marois et certains membres radicaux de votre parti ont tenu au cours du dernier mois mais aussi depuis le dernier référendum, non n’est pas une réponse acceptable tant et aussi longtemps que la réponse ne sera pas oui. 50% + 1 pour le oui, ça va être suffisant mais peu importe le pourcentage de québécois qui voteront pour le nom vous allez toujours revenir à la charge parce que sans l’indépendance, point de salut… Pour paraphraser le défunt fondateur de votre parti, “Si je vous ai bien compris… vous êtes en train de dire… à la prochaine fois” ben désolé mais avec tous le respect que j’ai pour lui, vous comprendrez qu’il est et qu’il sera toujours impossible de voter pour votre parti, et ce peu importe de quel côté de l’échiquier politique votre parti se trouvera. Quand on est vraiment un démocrate, on respecte le choix des autres. On n’essaie pas d’enfoncer le clou encore et encore jusqu’à ce que l’autre abdique…

Pierre Jackson – Coalition avenir Québec: Je ne sais pas si la stratégie qui a été employée par la CAQ de mettre l’accent sur le chef et quelques candidats vedettes et à peu près rien sur les autres peut être considérée comme une stratégie gagnante mais force est d’admettre qu’à l’instar de vos collègues candidats, on ne vous pas également pas vu la face dans le moustiquaire de la porte d’en avant. C’est dommage car en début de campagne, j’étais ouvert à voter pour votre parti qui me semblait “le moins pire de la gang.” Peut-être que votre passage chez moi aurait fait diversion et m’aurait permit de me réconcilier avec quelques sujets que votre chef a bousillé en cours de campagne. Malheureusement, rien de tout ça n’est arrivé… Plus la campagne avance, plus votre chef dit des grossièreté et de plus en plus, son jupon gauchiste recommence à dépasser !!! Je sais, je sais… C’est une coalition et tout le monde a droit de parole. Cependant, après avoir englouti l’ADQ, les idées qui me faisaient tant aimer ce parti s’évapore lentement et la gauche reprend le dessus lentement. À quand la prochaine sortie publique de M. Bonnardel ? Désolé mais le pouding ne poigne pas…

Marc-Antoine Trudel – Parti libéral: Le seul candidat qui a eu le courage de se présenter chez moi !!! Et Dieu sait que lorsqu’on représente un parti moribond comme le PLQ, il faut en avoir beaucoup de courage ou être complètement inconscient. Bien que brève, j’ai bien apprécié sa visite. Jeune, dynamique, un regard perçant et une poignée de main franche. Un bon p’tit gars quoi, qui mérite sûrement mieux que la dégelé qu’il va manger dans quelques jours. Malheureusement Marc-Antoine, ton timing est un peu pas mal off… Parles-en au p’tit St-Onge qui s’est présenté aux élections fédérales dans St-Maurice après le scandale des commandites. Du ben bon monde mais le mauvais parti au mauvais moment. J’espère que tu n’as pas trop investi personnellement dans cette campagne car le réveil risque d’être douloureux le 5 septembre au matin quand tu vas relever de brosse. Ayoye ma tête ! Malgré tout, j’acclame ton courage. Tu es jeune alors tu vas te remettre de cette terrible erreur de jeunesse. Bon courage mon vieux et bonne chance dans tes prochains défis !

Ainsi donc, le sort est jeté. J’irai manifester mon désarroi en faisant des p’tits bonshommes sourires dans les 7 cases de mon bulletin de vote. À moins que je fasse comme aux élections de 2008 et que je vote pour Obama. Ça n’avait pas nuit la dernière fois, ça ne nuira certainement pas cette fois-ci non plus. Une chose est certaine, c,est qu’aucun candidat de mon comté n’aura de vote de moi lors de cette élection…

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