Réflexions d’un orphelin politique

Ce matin, sur mon fil Twitter, je vois passer un commentaire concernant la chronique de “sexy” Chantal Hébert. Celle-ci, qui s’intitule La pomme empoisonnée décortique une à une les embûches que vont rencontrer les 3 grands partis s’il devaient être élus à la tête d’un gouvernement minoritaire. Et à moins que les planètes sortent de leurs orbites et s’alignent soudainement d’ici une semaine, il a fort à parier que c’est un gouvernement minoritaire qui dirigera la province à compter du 5 septembre prochain.

Pour être honnête, son papier, bien qu’il soit fort sérieux et très réaliste, me fait peur… Ce qu’elle relate c’est que peu importe lequel des 3 partis qui a le potentiel de se retrouver à la tête du gouvernement sera incapable de vraiment gouverner car il sera lié à ses promesses électorales et à son programme mais il sera incapable de prendre des actions concrètes car il sera continuellement à la merci des partis qui formeront l’opposition. Une coche mal taillée et hop, on renverse le gouvernement et on retourne en élection… Le contexte québécois actuel est à des années lumières du contexte fédéral qui a vu un gouvernement conservateur faire pratiquement ce qu’il voulait alors qu’il formait un gouvernement minoritaire à Ottawa. Il n’est pas réaliste de croire qu’une telle situation pourrait survenir au Québec au cours d’un premier mandat minoritaire et ce, peu importe quel parti qui dirigera les destinés de la province.

On risque donc de se retrouver avec un gouvernement “pas fiable” qui a les deux mains attachées dans le dos… Belle perspective n’est-ce pas ? Alors là je me dis que dans le fond, peu importe que je vote pour le moins pire ou que j’annule tout simplement mon vote, ça ne changera à toute fin utile rien. À moins, comme je le disais plus haut, que les planètes quittent soudainement leurs orbites pour s’aligner sur un axe politico-stationnaire – choses que même les Mayas n’ont pas réussi à prédire – le résultat de mon vote ne changera strictement rien au résultat final. La fragmentation du vote fera en sorte que, dans le contexte politique actuel – il ne pourra y avoir de mandat clair pour aucun des “grands” partis…

Flash forward de 2-3 heures et ma blonde m’envoie le texte de la chronique d’Éric Duhaime dans le Journal de Montréal. Son papier se nomme Pourquoi je vote CAQ. Je prends quelques minutes pour lire sa chronique et j’envoie ensuite la réponse suivante à ma blonde:

J’adore Éric. Il est chroniqueur à CHOI pis ses commentaires sont toujours pertinents. Yé pas vieux mais y’a déjà pas mal de chemin de fait en politique. Je pourrais quasiment dire qu’il m’a volé le punch de mon prochain blog… C’est pas mal l’enlignement vers lequel je me dirige j’pense. Pas tant pour les Iraniens, bien que je sois sympathique à leur cause, mais surtout pour contrer le vote péquiste. Avec quelques sièges qui devraient aller à Québec solidaire, on pourrait peut-être se ramasser avec un gouvernement de coalition PQ-QS majoritaire pis ça, ça ne me tente pas pantoute… J’me donne encore une journée ou deux pour finaliser ma réflexion.

Ainsi donc, ce matin vers 7h45, mon premier choix était de voter pour la CAQ en me pinçant le nez. Curieusement, tout au long de la journée et même au moment où j’écris ces lignes, j’arrive difficilement à me pincer le nez assez fort. Pas parce qu’il s’agit d’une forte odeur répugnante mais plutôt à cause de subtils effluves qui viennent chatouiller mon nez de temps à autre. Des effluves comme le soudain revirement du chef Legault dans le dossier des frais de scolarité. Pourquoi qu’il y a à peine quelques jours, il n’était pas question de négocier avec eux et que tout à coup, un gouvernement Legault serait prêt à jaser avec les étudiants ? Des effluves aussi d’une éventuelle négociation avec les syndicats dans le dossier du dégraissage de l’appareil étatique. Si vous avez l’intention de procéder par attrition naturelle et de ne pas remplacer 7 000 des 21 000 postes qui deviendront vacants suite au départ à la retraite des boomers, pourquoi, tout d’un coup, vouloir négocier avec les syndicats ?

Il y en a eu plein de petits gestes comme ça depuis le début de la campagne. Des gestes qui me rappelle que cette coalition qui a sucé l’âme adéquiste jusqu’à la faire disparaître est une coalition majoritairement de gauche qui essaie de faire bonne figure auprès de la droite… À croire que Jean Charest a visé juste quand il a traité Monsieur Legault de “pas fiable” durant les débats…

Je me retrouve donc ici moins de 12 heures plus tard et je suis toujours aussi confus quand au choix de la stratégie à utiliser lorsque je me retrouverai seul à seul avec mon bulletin de vote le 4 septembre prochain. Une chose est sûre par contre. Peu importe pour quelle stratégie j’opterai, je vais aller voter car plus que jamais je crois qu’un citoyen, c’est un vote. Parlez-en à nos amis iraniens et aux citoyens des pays qui ont finalement pu participer à de vraies élections démocratiques au cours des dernières années pour voir…

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